L’Enfant et la Croix

Georges Saby n’est pas sinologue : c’est précisément sa force. Son regard sur les formes avant les concepts produit des rapprochements que l’académisme ne s’autoriserait pas.
Dans ce troisième et dernier (?) article de la série “Le Dit D’un Touche A Tout”, il considère successivement un menhir en Asturies, une inscription sur bronze chinois, une poupée égyptienne tenant un Ankh, et la croix occitane. Ces quatre objets sont construits selon une même forme : la croix comme repère universel de l’espace et du temps.
Mais d’autres graphies du chinois archaïque peuvent être lues selon ce principe. Jusqu’à sa représentation de l’enfant, la culture chinoise n’échappe pas à la puissance de ce symbole : 子 zǐ “enfant, héritier” est la composante finale de 君子 jūnzǐ. Ce personnage des Grandes Images du Yi Jing n’est pas un “sage accompli” figé : c’est un être en devenir. Cela change la lecture de toutes les Grandes Images.
Ce que l’article explore :
- Le “4 centré” chinois (4 directions + terre) et 5 points gravés sur des menhirs eurasiens de la même époque
- 中 zhōng “centre” : une croix unissant Ciel, Terre et sphère humaine en un seul tracé
- La Croix Occitane et les 12 Branches Terrestres : même fusion espace-temps
- 革 gé “mue” dans 革命 gémìng : pourquoi Georges préfère “renouvellement” à “révolution”
Une enquête à lire pour son audace autant que pour ses trouvailles concrètes.