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Comprendre les principes

Je viens d’ajouter les tra­duc­tions « en phras­es » aux Petites Images des hexa­grammes 17 à 32.

Comme annon­cé la semaine dernière nous allons égale­ment ten­ter d’en com­pren­dre les principes :

Composition

  • Ces textes com­men­cent qua­si­ment tou­jours par la reprise d’une ou plusieurs phras­es du « Texte des traits ».
  • Dans un cer­tain nom­bre de cas sont alors men­tion­nées une ou plusieurs qual­ités asso­ciées à la posi­tion du trait et à sa nature yin ou yang. Posi­tion ou nature peu­vent égale­ment être rel­a­tives à d’autres traits de l’hexagramme.
  • En con­séquence de quoi est alors ou non énon­cé un pronos­tic : « prop­ice », « inop­por­tun », « regrets », etc.

Position

Les posi­tions les plus générale­ment appré­ciées sont la deux­ième et la cinquième : elles sont toutes deux situées au milieu des tri­grammes inférieur ou supérieur et sont donc asso­ciés à la qual­ité de « cen­tral­ité ». On en déduit la plu­part du temps un sens de l’équilibre, de la mesure, mais aus­si la notion d’« être cen­tré » et donc la capac­ité à rester en con­tact avec son for intérieur.

La pre­mière et la six­ième lignes sont égale­ment remar­quables. La pre­mière cor­re­spond à l’entrée, au début ou à la base de la sit­u­a­tion, tan­dis que la six­ième en représente la sor­tie, le som­met ou l’extrémité.

Restent les troisième et qua­trième traits… Ils occu­pent les posi­tions les plus incon­fort­a­bles puisque respec­tive­ment « le plus haut des traits du bas » et le « plus bas des traits du haut ». En d’autres ter­mes leur sit­u­a­tion est opposée à leur ten­dance : le troisième trait appar­tient au tri­gramme inférieur, mais il est le point de pas­sage, la dernière étape avant l’émergence dans le tri­gramme supérieur ; le qua­trième trait, « min­istre », est sou­vent con­sid­éré comme l’émissaire du cinquième, « sou­verain », en charge de la com­mu­ni­ca­tion avec les (traits) inférieurs. Nous ver­rons en par­ti­c­uli­er que c’est au troisième trait que sont asso­ciés le plus de pronos­tics défa­vor­ables.

Correspondance

Un critère sup­plé­men­taire est la « cor­re­spon­dance » de la nature yin ou yang du trait avec sa posi­tion. Les posi­tions impaires (1, 3 et 5) sont en effet con­sid­érées comme yang, tan­dis que les posi­tions paires (2, 4 et 6) sont asso­ciées au yin. Une cor­re­spon­dance est établie lorsqu’un trait yang est à une place yang ou un trait yin à une place égale­ment yin. Deux hexa­grammes sont par­ti­c­ulière­ment con­cernés par cette notion de cor­re­spon­dance : tous les traits de l’hexa­gramme H63 « Déjà passé » sont « à leur place », tan­dis qu’aucun des traits de l’hexagramme H64 « Pas encore passé » n’est (encore) « à sa place »…

Relation

Un troisième principe d’analyse graphique est la « rela­tion » du trait que l’on con­sid­ère avec cer­tains autres traits. Pour sim­pli­fi­er il existe deux prin­ci­pales formes de rela­tion : « voisi­nage » ou « aspi­ra­tion ». Si on prend l’exemple du trait 2 ses voisins sont le 1 et le 3, tan­dis que son aspi­ra­tion va vers le trait 5 (celui qui occupe la même posi­tion que lui dans l’autre tri­gramme). 

Analyse de ces critères

Nous allons donc prochaine­ment localis­er les men­tions de ces posi­tions, cor­re­spon­dances et rela­tions dans chaque Petite Image afin d’en déduire les cas généraux et d’en observ­er les cas par­ti­c­uliers. Selon les cas un seul de ces critères est men­tion­né, mais la com­bi­nai­son ou la con­cur­rence entre plusieurs d’entre eux peut aus­si advenir.

Absence de référence ?

Cepen­dant toutes les Petites Images ne com­por­tent pas de référence directe aux posi­tions, cor­re­spon­dances ou rela­tions. Cer­taines se con­tentent d’expli­quer un terme ou une expres­sion du Texte des Traits par une pré­ci­sion, une com­para­i­son, un rap­proche­ment ou un sim­ple com­plé­ment. Une autre par­tie de notre étude sera donc de con­sid­ér­er si un rap­proche­ment est pos­si­ble selon les trois critères énon­cés ci-dessus ou si ces expli­ca­tions sont stricte­ment séman­tiques.

Mise en place et objectif

Le traite­ment direct du texte chi­nois per­me­t­tra d’éviter les con­fu­sions liées aux tra­duc­tions ou inter­pré­ta­tions.

Nous avons com­mencé par établir un tableau de 386 lignes ((64 hexa­grammes x 6 traits) + 2 sup­plé­men­taires) dont les cinq pre­mières colonnes con­ti­en­nent

  • le numéro de l’hexa­gramme
  • la posi­tion du trait
  • la nature yin ou yang
  • la ver­sion chi­noise du Texte du Trait
  • la ver­sion chi­noise de sa Petite Image

A chaque colonne suiv­ante cor­re­spond ou cor­re­spon­dra une des expres­sions décrivant :

  • une qual­ité (cen­tral­ité, cor­rec­tion, etc.),
  • un critère (posi­tion, cor­re­spon­dance ou rela­tion)
  • ou un pronos­tic (prop­ice, inop­por­tun, regrets, etc.)

Ce tableau sera fil­tra­ble selon la posi­tion ou la nature des traits.

L’observation, le rap­proche­ment et le décompte des occur­rences devraient alors nous per­me­t­tre d’identifier les régu­lar­ités et les excep­tions.