La Grande Image selon Gāo Hēng

par Alain Leroy

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Les sec­tions « Éclai­rage de Gāo Hēng » dans nos pages « Hexa­gramme » mettent en lumière une posi­tion révo­lu­tion­naire pour la com­pré­hen­sion du Juge­ment et des Traits :

以經觀經,以傳觀傳

yǐ jīng guān jīng, yǐ zhuàn guān zhuàn

« Lire le Clas­sique par le Clas­sique.

Lire le Com­men­taire par le Com­men­taire. »

C’est en 1940 que Gāo Hēng 高亨 (1900–1986) publie la pre­mière par­tie de ses « Com­men­taires modernes du texte ancien du Zhōuyì » (Zhōuyì gǔjīng jīnzhù 周易古经今注). Le prin­cipe de cette œuvre, ache­vée en 1949, est radi­cal : écar­ter toute lec­ture phi­lo­so­phique ou sym­bo­lique du Yi Jing pour rendre au Clas­sique sa langue de l’âge du Bronze. Cela impli­quait donc de renon­cer à la majeure par­tie des com­men­taires tra­di­tion­nels du Yi Jing, à com­men­cer par les Dix Ailes, jusqu’alors la réfé­rence ultime de tous les exé­gètes.

Par­mi les plus grands sacri­fices de ce tour de force : toute la sym­bo­lique des tri­grammes.

Mais le même homme qui qua­li­fiait les « images et nombres » de « magie dont les devins se ser­vaient pour abu­ser le monde » dres­sa, trente ans plus tard, un inven­taire minu­tieux et rigou­reux de ce que figurent le ton­nerre, le vent, le marais ou la mon­tagne dans le Com­men­taire des Images.

« Lire le Com­men­taire par le Com­men­taire »

C’est cette seconde moi­tié de la for­mule que nous vou­lons pré­sen­ter ici, à tra­vers les 象 xiàng, les Grandes Images, qui accom­pagnent cha­cun des soixante-quatre hexa­grammes.

Deux livres, deux méthodes

Gāo Hēng a en effet dédié un second livre au Yi Jing : « Anno­ta­tions modernes aux Grands Com­men­taires du Zhōuyì » (Zhōuyì dàz­huàn jīnzhù 周易大传今注). Il est, cette fois, exclu­si­ve­ment consa­cré aux com­men­taires anciens que la tra­di­tion appelle les Dix Ailes, mais qu’il nomme les « Grands Com­men­taires » 大传 dàz­huàn.

La pré­face de ce second livre, ache­vé en 1970, explique que le Clas­sique est un manuel de divi­na­tion du début des Zhou occi­den­taux, et que les Dix Ailes, rédi­gées à l’é­poque des Royaumes com­bat­tants par divers auteurs, consti­tuent un livre de phi­lo­so­phie. Selon Gāo Hēng, ses auteurs ont sou­vent don­né du Clas­sique « des expli­ca­tions qui l’é­tendent, le rami­fient, voire le déforment et le forcent, afin d’ex­po­ser leur propre concep­tion du monde ». Il résume le pro­cé­dé en une image :

Les Com­men­taires « versent du vin nou­veau dans de vieilles outres ».

Cha­cun des deux livres doit donc être lu selon un angle dif­fé­rent. Pour lire le Clas­sique, on se place du côté de la divi­na­tion, et l’on cherche le sens pre­mier du texte « sans se lais­ser éga­rer par le fard et les masques dont le Com­men­taire a peint le Clas­sique ». Pour lire le Com­men­taire, on se place du côté de la phi­lo­so­phie, et l’on cherche « le des­sein propre de ses auteurs », en dis­tin­guant ce qu’il emprunte au Clas­sique de ce qu’il y ajoute.

Le reproche que Gāo Hēng adresse à la tra­di­tion est symé­trique. En plus de deux mille ans, écrit-il, envi­ron mille auteurs ont com­men­té le Zhōuyì, et tous ont « fon­du Clas­sique et Com­men­taire dans un même creu­set ». Quand le Com­men­taire avait rai­son, ils avaient rai­son ; quand il se trom­pait, ils se trom­paient avec lui. Mais le dom­mage ne s’ar­rête pas au Clas­sique : à force de lire le Clas­sique à tra­vers le Com­men­taire, ils ont aus­si per­du de vue ce que le Com­men­taire vou­lait dire pour lui-même.

La fron­tière que nous avons pré­sen­tée dans Sépa­rer le Zhōuyì des Dix Ailes ne vise donc pas seule­ment à libé­rer le Clas­sique ; elle rend aus­si au Com­men­taire sa propre cohé­rence.

Les images et les nombres : écarter d’un côté, expliquer de l’autre

Le point de par­tage entre les deux livres porte sur ce que la tra­di­tion appelle 象数 xiàng­shù, « Les images et les nombres ». Gāo Hēng en donne une défi­ni­tion sobre :

Il y a deux sortes d’images :

    • celle des hexa­grammes, c’est-à-dire ce que figurent les huit tri­grammes et les soixante-quatre hexa­grammes, avec leurs rap­ports de posi­tion.
    • celle des traits, selon qu’ils sont yin ou yang.

Il y a deux sortes de nombres :

    • la pari­té (impair yang, pair yin).
    • le rang des traits, qui indique la posi­tion des choses.

Pour le Clas­sique, sa posi­tion est sans nuance : « pour com­men­ter le Yìjīng, il faut écar­ter toute théo­rie des images et des nombres ». Il ne nie pas que cer­tains énon­cés aient un lien avec la figure de l’hexa­gramme, mais il s’en faut que cha­cun en ait un, et le but de l’é­tude (retrou­ver les faits de la haute Anti­qui­té) n’exige pas de recons­ti­tuer les tech­niques des devins.

Pour le Com­men­taire, la posi­tion change, et c’est là que se trouve l’in­té­rêt du second livre. Puisque les auteurs du Com­men­taire ont eux-mêmes une théo­rie des images et des nombres, on ne peut pas l’é­car­ter quand on les com­mente. Gāo Hēng se fixe alors une règle de mesure : expli­quer clai­re­ment cette théo­rie, « mais s’ar­rê­ter là, sans faire un pas de plus ». Là où le Com­men­taire ne recourt pas aux images, il faut lui « gar­der son visage simple ». Les com­men­ta­teurs de toutes les époques ont fait l’in­verse : ils ont par­lé des images que le Com­men­taire contient, mais aus­si de celles qu’il ne contient pas, « ajou­tant des pattes au ser­pent ». Comme dans son pre­mier ouvrage, l’apport majeur de Gāo Hēng s’opère par sous­trac­tion : sa rigueur le conduit à écar­ter, pour sa lec­ture des Grandes Images, tout ce qui n’est pas clai­re­ment en rap­port avec les élé­ments natu­rels asso­ciés aux tri­grammes, ou tout ce que le texte de la Grande Image ne dit pas lui-même.

Il situe aus­si cette théo­rie dans l’his­toire : Les textes d’a­vant les Qin qui citent le Yìjīng (les Lúnyǔ, le Lǐjì, le Xúnzǐ, le Lǚshì chūn­qiū) ne parlent jamais des « images et nombres ». Le Zuǒz­huàn et le Guóyǔ, qui rap­portent des consul­ta­tions de l’é­poque des Prin­temps et Automnes, ne parlent que de l’i­mage de l’hexa­gramme obte­nu et de l’hexa­gramme de muta­tion. Les Dix Ailes men­tionnent l’i­mage de l’hexa­gramme obte­nu et l’i­mage et le rang des traits, sans par­ler de l’hexa­gramme de muta­tion. Gāo Hēng en déduit deux écoles : une ancienne étude du Yi, anté­rieure à la période des Prin­temps et Automnes, et une nou­velle, propre à celle des Royaumes com­bat­tants. Les Grandes Images appar­tiennent à la seconde.

Ce que dit une Grande Image

Rap­pe­lons que chaque Grande Image suit le même sché­ma en trois temps. Elle décrit d’a­bord une scène for­mée par les deux tri­grammes : « Nuages et ton­nerre », « Une source jaillit au pied de la mon­tagne », « Le marais monte jus­qu’au ciel ». Elle donne ensuite le nom de l’hexa­gramme, comme s’il décou­lait de la scène. Elle déduit enfin une sen­tence finale, intro­duite par 以 yǐ, « ain­si » : l’homme noble 君子 jūnzǐ, les rois anciens 先王 xiānwáng ou le sou­ve­rain 后 hòu prennent modèle sur l’i­mage.

Pour lire la scène natu­relle, Gāo Hēng éta­blit dans un cha­pitre pré­li­mi­naire (« Images et posi­tions des tri­grammes ») le réper­toire de ce que chaque tri­gramme figure dans les Dix Ailes. Ce réper­toire déborde lar­ge­ment la Hui­tième Aile (Shuō­guà « Expli­ca­tion des tri­grammes »), qui dresse la liste cano­nique des cor­res­pon­dances. À chaque tri­gramme est ain­si asso­ciée une image fon­da­men­tale (Qián le Ciel, Kūn la Terre, Zhèn le ton­nerre, Xùn le vent, Kǎn l’eau, Lí le feu, Gèn la mon­tagne, Duì le marais), mais aus­si des images déri­vées, extraites des for­mu­la­tions de l’ensemble des Dix Ailes.

C’est ici que la lec­ture de Gāo Hēng devient ins­truc­tive. Les images déri­vées ne sont pas des sym­boles flot­tants : elles forment un voca­bu­laire poli­tique cohé­rent. Le Ciel est com­pa­ré à la cour ou au prince, « parce que les auteurs voient la cour comme la cour céleste ». La Terre figure les sujets et le peuple, « bas comme la Terre ». Le ton­nerre est com­pa­ré aux châ­ti­ments, « parce que les châ­ti­ments sont la puis­sance du prince comme le ton­nerre celle du Ciel ». Le vent figure les ins­truc­tions du sou­ve­rain, qui mettent le peuple en mou­ve­ment « comme le vent les êtres ». La pluie figure les bien­faits, et le nuage, « pluie qui n’est pas encore tom­bée », les bien­faits non encore accor­dés. L’eau et le marais figurent la masse du peuple ; la mon­tagne, la noblesse ou les sages ; le feu, la clair­voyance de celui qui juge.

Avec ce lexique, la Grande Image cesse d’être une évo­ca­tion poé­tique de la nature pour deve­nir une scène de gou­ver­ne­ment. Consi­dé­rons l’exemple de H3 屯 zhūn (« Dif­fi­cul­té ini­tiale » selon notre lec­ture) :

Le texte dit seule­ment : 雲雷,屯 yún léi, zhūn, « Nuages et ton­nerre : Zhūn ». Gāo Hēng y voit des nuages en haut et un ton­nerre qui gronde en bas, sans que la pluie tombe encore. Les bien­faits du prince ne sont pas encore des­cen­dus sur le peuple, alors que les châ­ti­ments le frappent déjà ; l’homme noble doit donc user des deux à la fois pour « tis­ser la chaîne et la trame » 經綸 jīng lún de l’É­tat. Il note au pas­sage que l’au­teur de la Grande Image entend 屯 zhūn au sens de « ras­sem­ble­ment », que donne le dic­tion­naire Guǎn­gyǎ, et non au sens de « dif­fi­cul­té », qui n’ap­par­tient selon lui qu’au Com­men­taire du Juge­ment.

Le cha­pitre pré­cise aus­si com­ment les deux tri­grammes se com­binent. Gāo Hēng dis­tingue six types de posi­tion :

    • haut et bas
    • inté­rieur et exté­rieur
    • avant et arrière
    • jux­ta­po­si­tion
    • redou­ble­ment d’un même tri­gramme
    • tri­grammes iden­tiques sans dis­tinc­tion de posi­tion

Le Com­men­taire des Images use sur­tout du pre­mier type, haut et bas, alors que le Com­men­taire du Juge­ment (Tuàn Zhuàn) pré­fère la jux­ta­po­si­tion. Gāo Hēng en tire un exemple pré­cis : le Com­men­taire du Juge­ment de Zhūn jux­ta­pose le ton­nerre et la pluie, qui agissent ensemble ; la Grande Image du même hexa­gramme les dis­pose l’un au-des­sus de l’autre, et c’est ce qui per­met la lec­ture poli­tique. Il observe enfin que la répar­ti­tion des tri­grammes en yang et en yin d’a­près la pari­té de leurs seg­ments, si fré­quente dans Com­men­taire sur le Juge­ment, n’ap­pa­raît jamais dans les Grandes Images. La tra­di­tion lit sou­vent ensemble ces deux Com­men­taires, mais il est impor­tant d’observer qu’ils ne parlent pas tout à fait la même langue.

Ce que cette lecture apporte

Lire les soixante-quatre Grandes Images avec Gāo Hēng, c’est d’a­bord décou­vrir un texte encore plus construit qu’il n’y paraît. Cer­taines images ne prennent sens qu’en couple. Pour H21, 噬嗑 shì hé, Gāo Hēng cor­rige le texte reçu 雷電 « ton­nerre et éclair » en 電雷 « éclair et ton­nerre », d’a­près un témoi­gnage sur les Clas­siques gra­vés sur pierre des Han : l’é­clair (la clair­voyance) vient alors avant le ton­nerre (les châ­ti­ments), et la sen­tence finale parle de révi­ser les lois. Dans H55, le ton­nerre vient d’a­bord, et la phrase finale parle de juger et de punir. De même, le feu au pied de la mon­tagne (H22) n’en éclaire qu’un côté et invite le juge à ne pas tran­cher sur une connais­sance par­tielle, alors que le feu au som­met (H56) en éclaire les quatre faces et per­met de juger sans traî­ner.

Mais Gāo Hēng est avant tout un phi­lo­logue. Il applique au texte de la Grande Image les mêmes outils qu’il a uti­li­sés pour le Zhōuyì, en par­ti­cu­lier les sub­sti­tu­tions pho­né­tiques. Dans la Grande Image de 泰 tài (H11), le sou­ve­rain n’a­git plus « par sa richesse » 財 cái : Gāo Hēng lit 裁 cái, « mesu­rer », et le prince devient celui qui orga­nise le tra­vail selon les sai­sons. Dans celle de 否 pǐ (H12), l’homme noble n’est pas celui qui « ne peut être hono­ré » 榮 róng par des avan­tages, mais celui qu’« on ne peut séduire » 營 yíng par des trai­te­ments. Dans celle de 夬 guài (H43), 忌 jì ne désigne plus ce qu’on redoute mais l’acte d’« éle­ver » : quand un homme du com­mun demeure dans la ver­tu, l’homme noble le pro­meut.

Pour finir, la lec­ture effec­tuée par Gāo Hēng nous per­met de com­prendre ce que la tra­di­tion a fait de ces textes, com­ment elle en a pro­gres­si­ve­ment trans­for­mé la des­ti­na­tion. Quand nous tra­dui­sons une Grande Image, nous lisons le plus sou­vent à tra­vers Wáng Bì, Chéng Yí ou Zhū Xī, qui en ont fait des leçons de sagesse intem­po­relle. Gāo Hēng rap­pelle qu’elles ont d’a­bord été écrites, à une époque pré­cise, par des let­trés qui pen­saient le pou­voir : le rap­port du prince et du peuple, l’u­sage des récom­penses et des châ­ti­ments, le recru­te­ment des sages, l’en­sei­gne­ment moral. Cette lec­ture n’an­nule pas la nôtre ; elle lui donne une pro­fon­deur his­to­rique.

Le contexte et les limites d’un regard

Zhōuyì dàz­huàn jīnzhù, ce second ouvrage de Gāo Hēng sur le Yi Jing, porte la marque de l’an­née où sa pré­face a été écrite. Il y déclare que les auteurs des Dix Ailes « se placent du point de vue de la classe domi­nante féo­dale », que le vin nou­veau ver­sé dans la vieille outre « contient bien des poi­sons », que les images et les nombres sont une « magie ». Plu­sieurs com­men­taires ajoutent des remarques du même ordre : la Grande Image « embel­lit les gou­ver­nants », elle a sur le ton­nerre une « concep­tion non scien­ti­fique ». Ces for­mules appar­tiennent à leur temps. Rédi­gées en 1970, elles reflètent sans doute le contexte poli­tique de la Révo­lu­tion cultu­relle autant que la pen­sée de l’au­teur, sans qu’il soit pos­sible de faire la part exacte de l’un et de l’autre. La fin de la pré­face, où Gāo Hēng déclare ses forces insuf­fi­santes et son niveau « très bas », relève sans doute du même contexte autant que de la modes­tie.

Plus impor­tante pour le lec­teur est la ques­tion de la méthode. Le lexique poli­tique que Gāo Hēng attri­bue aux Grandes Images est une recons­truc­tion. Le texte ini­tial ne dit jamais que le marais est le peuple ou que le ton­nerre est le châ­ti­ment : c’est Gāo Hēng qui l’in­fère, en rap­pro­chant les emplois et en cher­chant la logique qui relie l’i­mage à la sen­tence finale. Il le recon­naît lui-même : la théo­rie qui sou­tient les images natu­relles est « menue et com­pli­quée », et « très rares sont les règles qui valent pour tout le livre ». Son tableau des images, par sa clar­té même, risque de don­ner au Com­men­taire plus de sys­tème qu’il n’en a. Le lec­teur gagne­ra à le prendre pour ce qu’il est : une grille de lec­ture cohé­rente, pro­po­sée par un phi­lo­logue, et non la clé d’un code caché.

Obser­vons enfin que Gāo Hēng a rédi­gé son ouvrage avant que les manus­crits de Mawang­dui (décou­verts en 1973) et ceux de Fuyang ne fassent connaître des états anciens du texte et de ses com­men­taires. Ses cor­rec­tions tex­tuelles, comme 電雷 pour l’hexa­gramme 21 ou la sup­pres­sion de 習 xí devant 坎 kǎn dans l’hexa­gramme 29, reposent sur des témoi­gnages indi­rects ou des argu­ments de cohé­rence, et gagne­raient à être confron­tées à ces sources.

Sur les pages « Hexagramme »

Chaque page hexa­gramme de l’En­cy­clo­pé­die com­porte désor­mais, sous les notes de tra­duc­tion de la Grande Image, un « Éclai­rage de Gāo Hēng » (au moment de la paru­tion de cet article, seule­ment les 32 pre­miers hexa­grammes). On y trouve :

    • sa tra­duc­tion de la Grande Image
    • son expli­ca­tion des mots et de leurs sources
    • sa lec­ture des tri­grammes et de la sen­tence finale
    • et, là où elle s’é­carte de notre tra­duc­tion, ce que l’é­cart change

Comme pour les éclai­rages sur le Juge­ment et les Traits, nous n’a­vons pas cher­ché à don­ner rai­son à l’un ou à l’autre : notre tra­duc­tion suit la lec­ture tra­di­tion­nelle ; celle de Gāo Hēng res­ti­tue la pen­sée des auteurs de la Grande Image, et les deux éclairent donc le texte selon des angles dif­fé­rents.

Les autres Ailes

Le Zhōuyì dàz­huàn jīnzhù ne se limite pas aux Grandes Images : il com­mente aus­si le Com­men­taire du Juge­ment, les Petites Images des traits, le Xìcí, et Gāo Hēng y expose dans son cha­pitre pré­li­mi­naire l’en­semble de la théo­rie des posi­tions et des nombres du Com­men­taire. Ces textes feront peut-être l’ob­jet d’un tra­vail ulté­rieur. Ils pose­ront la même ques­tion que les Grandes Images : com­ment lire un com­men­taire pour ce qu’il dit, et non pour ce que deux mille ans de lec­ture lui ont fait dire.

 

Références