Le Tuan Zhuan
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Traductions et commentaires évolutifs
Nouvelle traduction
Avant d’aborder le Tuan Zhuan, je crois utile d’évoquer les perspectives et projets de cette rentrée de l’année 2025–2026. Durant cet été, j’ai démarré une nouvelle traduction du Texte Canonique, assortie, pour chacun des 384 chapitres du Yi Jing, d’une version complètement remaniée des “Notes de traduction”. Cela s’inscrit et servira de base à la suite du projet : proposer une traduction elle-même commentée de chacun des exégètes importants (Wang Bi, Kong Yingda, Zhu Xi, etc.).
Ecueils et enjeux
L’objectif général reste la volonté d’élever le niveau culturel (assez navrant) des utilisateurs français du Yi Jing, pour ce qui concerne la pensée chinoise traditionnelle. J’évoque ici les assertions du type “les chinois ont dit que…”, “en Chine blabla…” (qui, quand, dans quel contexte, mythe ou réalité historique ?). Mais vouloir échapper à la mode New Age ou à l’assimilation rapide vers des formes psychologisantes contemporaines n’oblige pas à se précipiter vers l’écueil inverse : une lecture sinologique universitaire, dont la “rationalité”, en objectivant complètement le Livre du Changement, finit par le déconnecter de son application divinatoire.
Entre ces deux pôles, je crois possible de :
- s’appuyer sur l’immense travail fourni par la succession des commentateurs historiques
- bénéficier des remises en question apportées par les découvertes archéologiques
- transformer l’aide à la décision que propose la lecture divinatoire en art de l’approfondissement de soi
- s’engager et participer, sur ces bases, à la résolution des problématiques collectives contemporaines 天下(tiān xià “sous le Ciel”)
Sous le Ciel
L’expression “sous le Ciel” désignait autrefois “l’Empire Céleste”, c’est-à-dire le peuple Chinois sous la direction d’un représentant céleste humain, le reste du monde étant constitué de « barbares ». Nous en retiendrons la lecture plus générale « tout ce qui se trouve en dessous des cieux », en y incluant humains et non-humains.
Aller et venir
La difficulté majeure de l’approche “évolutive” du Yi Jing est la nécessité d’un aller-retour permanent, d’un nourrissement constant entre :
- une lecture qui s’étend du général au particulier
- l’approfondissement que permet la considération des particularités, comme autant de facettes du principe unique.

L’art de l’Approfondissement de soi
Cette approche dépasse radicalement les interprétations psychologisantes contemporaines en s’ancrant dans la conception classique chinoise du développement personnel comme harmonisation progressive avec l’ordre cosmique (天理 tiānlǐ).
Plutôt que de chercher des réponses immédiates aux préoccupations personnelles, cette méthode invite le consultant à examiner comment sa situation particulière révèle les principes universels de transformation décrits dans les hexagrammes, cultivant ainsi une compréhension approfondie des mécanismes du changement et de sa propre position dans le flux perpétuel des mutations cosmiques.
L’expression “Art de l’approfondissement de soi” désigne spécifiquement la pratique de 修身 (xiūshēn, “cultiver sa personne”) et de 養性 (yǎngxìng, “nourrir sa nature”), concepts centraux de la tradition confucéenne qui transforment la consultation divinatoire en exercice de perfectionnement moral et spirituel.
Cette démarche s’inscrit dans la lignée directe de l’interprétation néo-confucéenne qui voit dans chaque hexagramme un laboratoire pour l’étude de 性命 (xìngmìng, “nature et destinée”). Elle permet ainsi au praticien de développer progressivement la sagesse discriminante (智 zhì) nécessaire pour naviguer avec justesse dans les transformations existentielles.
Expansion et recentrage
Les pages “Hexagramme” de l’Encyclopédie du Yi Jing, ont connu cette année une phase d’expansion, avec l’ajout d’une masse de “Notes de traduction” et de sections “Expérience corporelle”. Un temps de contraction, de recentrage, me semblait donc opportun.
La centralité, les Noms des hexagrammes
J’ai, ces deux derniers mois, successivement travaillé sur la notion de “centralité” dans le Yi Jing, et son application aux 128 traits centraux des hexagrammes, puis sur la forme écrite la plus concise décrivant les 64 situations-types : les “Noms des hexagrammes”.
Mais je viens de reporter la fin de ces deux démarches et leur publication. Une étape préalable me paraît en effet plus judicieuse. Nous verrons cependant que “Centralité” et “Noms des hexagrammes” y sont également abordés.

Retour au Jugement et aux Dix Ailes
Le Jugement
Le nom de l’hexagramme est le premier mot du texte du Jugement. Avant d’en venir à ce raccourci extrême, une meilleure interprétation des 64 Jugements eux-mêmes est nécessaire. Ils sont la forme écrite la plus ancienne et la plus concise qui nous soit parvenue de la collecte initiale qu’a constituée le Zhou Yi.
Approfondir progressivement leur compréhension est donc un point de passage obligé dans les reformulations successives de nos traductions et interprétation évolutives.
Les Dix Ailes
Chacun sait que le Livre des Transformations n’est devenu “Yi Jing” que par l’adjonction au texte canonique d’une collection de commentaires officiels appelée “Dix Ailes”. De ces explications nous avons déjà traduit ou étudié :
- les 3ème et 4ème (Grandes Images et Petites Images)
- les 5ème et 6ème (Grand Commentaire)
- la 8ème (Explication des trigrammes)
- la 9ème (Ordre des hexagrammes)
- la 10ème (Hexagrammes entrecroisés)
Nous n’avions jusqu’ici pas du tout abordé les 1ère et 2ème Ailes. Elles constituent les 彖傳 Tuan Zhuàn “Commentaires sur le Jugement”.
Le Tuan Zhuan
Le Tuan Zhuan (彖傳), également traduit par “Commentaire sur la Décision” est une introduction essentielle au Livre des Mutations. Placé au tout début des Dix Ailes (十翼 shí yì), il pose les principes fondamentaux pour approfondir la compréhension et l’interprétation du Yi Jing.
Structure et Organisation
Il correspond aux Ailes 1 et 2 qui commentent respectivement les jugements des 30 premiers hexagrammes et des 34 hexagrammes restants.
Rôle et Signification
- Le terme tuan (彖) désigne littéralement le “Jugement” ou la “Sentence”, cette brève déclaration qui accompagne chaque hexagramme et en résume la signification générale et les implications.
- Zhuan (傳) signifie “commentaire” ou “transmission”.
Le rôle principal du Tuan Zhuan est donc, par définition, d’expliquer le Jugement de chaque hexagramme.
Le Tuan Zhuan éclaircit les principes sous-jacents, les symbolismes et les applications morales ou philosophiques de l’hexagramme.
Contrairement au texte original du Jugement, qui est souvent concis et énigmatique, le Tuan Zhuan offre une interprétation plus élaborée et rationnelle. Il justifie la structure de l’hexagramme, la relation entre ses lignes (yao) et sa signification globale, en se basant sur des concepts cosmologiques, éthiques et sociaux.

La synthèse d’une polyphonie
Influence du confucianisme
Il est largement admis que le Tuan Zhuan, comme d’autres parties des Dix Ailes, a été fortement influencé par la pensée confucianiste. Ces commentaires intègrent des idées morales, politiques et éthiques qui enrichissent les textes oraculaires originels. Cette interprétation systématique établit les fondements conceptuels d’une véritable sagesse. Le Tuan Zhuan met souvent l’accent sur la conduite juste, l’harmonie sociale, la vertu et la manière dont les principes du Yi Jing peuvent guider l’individu dans sa vie et ses interactions avec le monde.
Bien que la tradition attribue la rédaction des Dix Ailes, y compris le Tuan Zhuan, à Confucius (551–479 av. J.-C.), les études modernes suggèrent que ces textes ont été compilés sur une période plus longue, probablement par ses disciples ou des érudits confucianistes ultérieurs, entre la période des Royaumes Combattants et la dynastie des Han. Mais cette attribution à Confucius a conféré une immense autorité et un prestige philosophique au Yi Jing, en le plaçant au cœur du canon confucianiste.
Si le confucianisme a été l’ambassadeur du “Commentaire sur le Jugement” le Tuan Zhuan est en réalité le fruit d’une stratification beaucoup plus complexe. Il constitue en effet une synthèse intellectuelle des courants caractéristiques de la période des Royaumes Combattants et des Han.
Le taoïsme
L’influence taoïste transparaît notamment dans l’usage récurrent du vocabulaire de la spontanéité (自然 zìrán) et de l’efficacité sans-agir (無為 wúwéi), particulièrement visible dans les commentaires des hexagrammes liés à la réceptivité et à l’adaptation aux circonstances. Cette dimension se manifeste également dans l’attention portée aux cycles naturels et à l’harmonie cosmique comme modèles d’action humaine.
Le légisme
Parallèlement, l’héritage légiste s’exprime dans l’insistance sur l’autorité du souverain (君 jūn), la nécessité de l’ordre hiérarchique, et l’efficacité de l’action politique centralisée, notamment dans les passages traitant de la gouvernance.
Une synthèse inspirante
Loin de la simple orthodoxie confucéenne, cette polyphonie doctrinale constitue donc une tentative de synthèse des principales écoles de pensée chinoises autour des problématiques du changement et de l’action appropriée.
La complexité de son origine explique d’ailleurs pourquoi le corpus a pu nourrir des interprétations aussi diverses que celles de Wang Bi (métaphysique taoïsante), des néo-confucéens Song (orthodoxie morale), ou des légistes Han (pragmatisme politique), révélant la plasticité remarquable de ce texte face aux questionnements philosophiques successifs.
Analyse sinologique
Les remises en question modernes de l’attribution traditionnelle s’appuient sur des analyses philologiques et stylistiques convergentes initiées par Bernhard Karlgren, puis approfondies par Edward Shaughnessy et Richard Rutt. Le vocabulaire technique, les anachronismes terminologiques et la sophistication philosophique du corpus reflètent des développements conceptuels postérieurs à Confucius.
Cette convergence critique ne diminue en rien l’autorité du Tuan Zhuan, mais révèle plutôt son caractère de synthèse collective élaborée sur plusieurs générations par des lettrés imprégnés de l’esprit confucéen. Elle explique la remarquable cohérence conceptuelle et la profondeur philosophique qui ont assuré son influence durable dans l’exégèse du Yi Jing.
Ces analyses bénéficient désormais des découvertes archéologiques de Mawangdui et Guodian qui, bien que ne modifiant pas substantiellement le Tuan Zhuan reçu, offrent des éclairages précieux sur la transmission textuelle et confirment la sophistication précoce de ce corpus.
Le véritable point d’entrée dans le Yi Jing
Le Tuan Zhuan est indispensable pour une compréhension profonde du Yi Jing car il fournit des clés d’interprétation qui vont au-delà de la simple divination. Considéré comme l’une des premières tentatives systématiques d’interpréter le Yi Jing comme un traité philosophique, il permet aux lecteurs de saisir la sagesse et les implications éthiques des hexagrammes. Il révèle ainsi une dimension supérieure du Livre des Changements, dépassant la consultation mantique immédiate pour nourrir une réflexion existentielle durable. Il a joué un rôle majeur dans la manière dont le Yi Jing a été étudié et vénéré à travers l’histoire chinoise, en particulier par les érudits confucianistes.
Structure et principes explicatifs
Le style dense du Tuan Zhuan se caractérise par l’usage récurrent de structures parallèles et de formules explicatives standardisées. Cette approche systématique contraste avec le caractère plus allusif et poétique des textes oraculaires originaux du Yi Jing.
Chaque section est dédiée à un hexagramme spécifique. Elle commence généralement par une citation du Jugement de l’hexagramme, puis procède à une explication détaillée de sa signification, justifie le nom et la signification globale de l’hexagramme de l’hexagramme en se basant sur les propriétés des trigrammes supérieurs et inférieurs.
Le Tuan Zhuan utilise également des analogies tirées de la nature, de la société et de la vie quotidienne pour illustrer ses points. Il met en évidence les relations entre le microcosme (l’individu) et le macrocosme (l’univers), et comment les principes du Yi Jing peuvent être appliqués pour naviguer dans les complexités du monde et atteindre l’harmonie. Son langage est souvent poétique et riche en symbolisme, reflétant la profondeur de la pensée chinoise classique.
Il précise les qualités symboliques des lignes individuelles considérées selon un point de vue global ; ce niveau d’analyse supérieur enrichit donc les commentaires spécifiques à chaque ligne. Une attention particulière est portée aux lignes centrales (cinquième et deuxième rangs), ainsi qu’aux relations entre positions yin et yang.
Dans le cadre de notre projet, la définition et la contextualisation des expressions ou termes clés nous permettra une meilleure interprétation, et donc une meilleure traduction du Jugement lui-même.
Le commentaire introduit en effet un vocabulaire technique spécialisé qui sera repris et développé par toute la tradition exégétique ultérieure, établissant ainsi les fondements terminologiques de l’interprétation du Livre des Changements.
Plusieurs concepts y sont introduits qui enrichissent considérablement la compréhension du Yi Jing :
- Le développement de la terminologie du “dao du Ciel et de la Terre” : le Tuan Zhuan systématise l’usage de concepts cosmologiques pour interpréter les transformations des hexagrammes.
- L’idée de moment opportun (shi 時) et d’évolution cyclique des situations.
- La notion de “rectitude centrale” : Cette idée fondamentale désigne l’harmonie obtenue lorsqu’une ligne de nature yang occupe une position impaire (yang) ou qu’une ligne yin se trouve en position paire, créant un équilibre optimal.
- L’analyse des “correspondances” : Le commentaire explicite les relations entre lignes situées en positions symétriques (première-quatrième, deuxième-cinquième, troisième-sixième).
Impact philosophique
L’impact du Tuan Zhuan sur la philosophie chinoise est immense. En fournissant une interprétation philosophique du Yi Jing, il a contribué à l’intégration de ce texte dans le courant principal de la pensée confucianiste et taoïste. Il a influencé des générations d’érudits et de penseurs, qui ont utilisé ses cadres conceptuels pour explorer des questions de métaphysique, d’éthique, de politique et de cosmologie.
Le Tuan Zhuan a également joué un rôle clé dans la légitimation du Yi Jing comme un texte de sagesse universelle, dépassant sa fonction consultative originelle. Il ne s’agit plus de prédire l’avenir, mais de proposer une réflexion sur le sens des situations, les forces en jeu, et les principes qui régissent le changement dans le monde. Le Tuan Zhuan est la première mise en lumière de la rationalité sous-jacente aux changements et aux transformations décrits dans le Yi Jing. C’est en montrant comment ces changements sont régis par des lois naturelles et morales, qu’il a permis au Yi Jing d’irriguer durablement la métaphysique chinoise en révélant les structures rationnelles sous-jacentes aux mutations cosmiques.
Parmi les plus réputés, Wang Bi s’appuie extensivement sur ces commentaires pour développer sa célèbre exégèse métaphysique du Yi Jing. Les néo-confucéens Song, notamment Cheng Yi et Zhu Xi, considèrent eux-aussi le Tuan Zhuan comme une source doctrinale essentielle pour comprendre les principes cosmologiques confucéens.
Cette influence philosophique durable révèle paradoxalement que la valeur herméneutique du Tuan Zhuan ne réside pas seulement dans son contenu doctrinal, mais dans sa capacité à servir de laboratoire méthodologique pour l’interprétation systématique des textes oraculaires. C’est précisément cette dimension méthodologique qui justifie notre approche de sa traduction et nos commentaires.

Relation avec les autres Ailes
Le Tuan Zhuan, en se concentrant sur la justification et l’explication du Jugement de chaque hexagramme, sert de pont entre la concision du Texte Canonique et les interprétations plus larges et plus profondes offertes par les autres Ailes. Il fournit une structure logique et philosophique qui aide à intégrer les différentes couches de signification du Yi Jing.
Cette fonction médiatrice du Tuan Zhuan révèle d’ailleurs l’importance de l’ordre de succession des hexagrammes. Ses commentaires ne constituent pas une collection disparate d’analyses indépendantes, mais forment un système cohérent où les principes fondamentaux sont exposés progressivement, chaque hexagramme préparant conceptuellement la compréhension des suivants.
Nouvelle traduction, nouveaux commentaires
L’architecture systématique du Tuan Zhuan détermine naturellement notre méthodologie de traduction et commentaire.
Nous allons progressivement ajouter à chaque page “Hexagramme” une section “Commentaire sur le Jugement”. Elle adoptera le même style que les autres sections (texte chinois, pinyin, mot à mot, traduction “en phrases”), mais sera complétée d’une analyse systématique en cinq étapes :
- Le nom de l’hexagramme
- Les Trigrammes et les traits
- Explication du Jugement
- Orientation stratégique
- Qualités à cultiver
- Écueils à éviter
- Questions décisives
- Synthèse
En résumé
Le Tuan Zhuan est bien plus qu’un simple commentaire ; il est la pierre angulaire de l’interprétation philosophique du Yi Jing. En développant la signification des Jugements des hexagrammes, il a transformé un manuel de divination en enseignement sur l’art de vivre en harmonie avec les transformations universelles. Son rôle a été essentiel pour établir le Yi Jing comme un classique de la pensée chinoise, offrant des aperçus non seulement sur les changements du monde, mais aussi sur la manière de vivre une vie harmonieuse et vertueuse. Il est aujourd’hui une ressource inestimable pour quiconque cherche à comprendre, et donc mieux profiter de la richesse et la complexité du Yi Jing et de l’étendue de son héritage philosophique pour la pensée chinoise et notre vision du monde.
Envergure de l’hexagramme 1
Cette démarche impose de commencer par l’hexagramme 1 (Qian) pour des raisons qui dépassent la simple convention.
Qian constitue “tout simplement” la matrice conceptuelle de l’ensemble du “système Yi Jing”, établissant les principes cosmologiques et interprétatifs qui structurent les 63 hexagrammes suivants. Le Commentaire sur le Jugement de Qian introduit le vocabulaire technique essentiel (元亨利貞 yuán hēng lì zhēn, 六位 liù wèi, 時乘 shí chéng, 性命 xìngmìng) qui sera souvent réemployé et développé dans les commentaires ultérieurs.
Cette fonction inaugurale de Qian s’inscrit dans la logique même du Tuan Zhuan comme système d’interprétation progressive : établir des concepts, puis les utiliser et les compléter pour renforcer la cohérence de l’ensemble.
Qian servira ainsi de modèle méthodologique et de point de comparaison pour l’analyse des concepts récurrents (中正 zhōngzhèng, 應 yìng, 時 shí) dans les hexagrammes suivants, tout en permettant d’expérimenter, dès le début et sur le terrain le plus dense, l’équilibre délicat entre respect de l’autorité interprétative traditionnelle et questionnements contemporains.