Partez en vacances avec Gāo Hēng

par Alain Leroy

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Le texte cano­nique du Zhōuyì, base du Yì Jīng, a été com­po­sé, comme son nom l’in­dique durant la dynas­tie des Zhou (envi­ron XI–VII siècle av. J.-C.).  

Les “Dix Ailes”, pre­miers com­men­taires clas­siques du Yì Jīng, ont été rédi­gées et assem­blées entre la fin de la période des Royaumes Com­bat­tants et le début de la période Han (envi­ron IV–II siècle av. J.-C.).

Il y a envi­ron cinq à sept siècles d’é­cart entre les deux mondes cultu­rels dans les­quels ont été écrits les deux docu­ments. Pour Gāo Hēng (1900–1986), phi­lo­logue et exé­gète chi­nois, cela implique de lire l’o­ri­gi­nal et ses com­men­taires selon des registres très dif­fé­rents. Même si les deux textes nous par­viennent sous une gra­phie uni­fiée, celle du chi­nois clas­sique, le noyau du Zhōuyì  a été rédi­gé dans une langue archaïque des Zhou occi­den­taux, proche des ins­crip­tions sur bronze. Le lire sup­pose donc d’en trai­ter les mots presque comme ceux d’une langue étran­gère, dis­tincte de celle des com­men­taires.

En cette période de vacances, la tra­duc­tion du texte cano­nique par Gāo Hēng, qui bous­cule sou­vent les for­mules et inter­pré­ta­tions du Yì Jīng admises par tous, peut être consi­dé­rée comme un voyage de retour aux sources en pays étran­ger. On peut éven­tuel­le­ment y trou­ver joie ou enri­chis­se­ment, mais le béné­fice prin­ci­pal se mani­feste au retour : consi­dé­rer d’un œil neuf notre quo­ti­dien et ce que l’on croyait une nor­ma­li­té acquise.

Les tra­duc­tions et com­men­taires de Gāo Hēng pour les hexa­grammes H17 à H24 sont dis­po­nibles !