Dénouement du Yi Jing : le Tuan Zhuan

par Alain Leroy

Comment passer de la fast-divination à l’art de nourrir la vie en soi.

Nous inter­ro­geons le Yi Jing pour résoudre une ten­sion. Petit tra­cas quo­ti­dien ou crise exis­ten­tielle, nous ne par­ve­nons pas, par nos moyens habi­tuels, à dénouer une ques­tion du réel. Nous ten­tons alors d’ac­cé­der à ce qui nous était jus­qu’i­ci invi­sible afin de l’in­té­grer à notre com­pré­hen­sion de la situa­tion et d’a­gir de manière plus appro­priée.

Mais la qua­li­té de cette réso­lu­tion dépend entiè­re­ment de la qua­li­té de notre lec­ture. Éta­blis­sant une ana­lo­gie avec la nour­ri­ture : l’in­ges­tion rapide de pro­duits hyper-trans­for­més ne nous nour­rit pas de la même manière qu’un repas éla­bo­ré avec dis­cer­ne­ment et atten­tion. Or la plu­part du temps, nous inter­pré­tons nos tirages avec des pro­duits déri­vés : des inter­pré­ta­tions de tra­duc­tions d’in­ter­pré­ta­tions, qui n’ont plus grand-chose à voir avec les ingré­dients ini­tiaux. La sen­sa­tion de com­pré­hen­sion n’est que pro­vi­soire, et nous com­pen­sons l’ab­sence de pro­fon­deur par la mul­ti­pli­ca­tion des pistes de lec­ture. Tout et son contraire étant dit, nous finis­sons par trou­ver quelque chose “qui nous parle”.

Un peu de cuisine

Reve­nant au domaine culi­naire, consi­dé­rons le dis­cer­ne­ment d’un pré­pa­ra­teur émé­rite.

“[…] Le cui­si­nier Ting posa son cou­teau et répon­dit : Ce qui inté­resse votre ser­vi­teur, c’est le fonc­tion­ne­ment des choses, non la simple tech­nique. Quand j’ai com­men­cé à pra­ti­quer mon métier, je voyais tout le bœuf devant moi. Trois ans plus tard, je n’en voyais plus que des par­ties. Aujourd’­hui, je le trouve par l’es­prit sans plus le voir de mes yeux. Mes sens n’in­ter­viennent plus, mon esprit agit comme il l’en­tend et suit de lui-même les linéa­ments du bœuf. Lorsque ma lame tranche et dis­joint, elle suit les failles et les fentes qui s’offrent à elle.

Quand je ren­contre une arti­cu­la­tion, je repère le point dif­fi­cile, je le fixe du regard et, agis­sant avec une pru­dence extrême, len­te­ment je découpe. Sous l’ac­tion déli­cate de la lame, les par­ties se séparent avec un houo léger comme celui d’un peu de terre que l’on pose sur le sol.

Le prince Wen-houei s’ex­cla­ma : Admi­rable ! En écou­tant le cui­si­nier Ting, j’ai com­pris l’art de nour­rir en soi la vie.”

Tra­duc­tion de Jean-Fran­çois Bille­ter (Leçons sur Tchouang-Tseu)

Dénouement

De l’interprétation à l’émancipation

Le cui­si­nier Ting ne tranche pas au hasard. Il suit les inter­stices que la struc­ture de l’a­ni­mal lui offre. Sa lame n’a pas d’é­pais­seur : elle se glisse dans les failles déjà pré­sentes entre les arti­cu­la­tions. C’est exac­te­ment ce que pro­pose le Tuan Zhuan face au texte du Juge­ment.

Car le Juge­ment, aus­si bref soit-il, pos­sède une struc­ture arti­cu­lée : chaque terme y occupe une posi­tion jus­ti­fiée par la confi­gu­ra­tion des tri­grammes, la nature des traits, leurs cor­res­pon­dances. Ces rap­ports struc­tu­rels sont les “failles et fentes” du texte. Le Tuan Zhuan est le com­men­taire ancien qui les suit, arti­cu­la­tion par arti­cu­la­tion, pour mon­trer pour­quoi tel mot appa­raît dans le Juge­ment et ce qu’il signi­fie en fonc­tion de la posi­tion qu’il occupe dans l’hexa­gramme. Les Notes de tra­duc­tion que nous pro­po­sons rendent cette opé­ra­tion acces­sible : elles accom­pagnent le lec­teur dans le geste même du dépe­çage, afin qu’il puisse à son tour trou­ver “par l’es­prit” ce que la lec­ture directe ne lui mon­trait pas.

Cette démarche est, à la lettre, un exer­cice de 解 jiě “libé­ra­tion”. Le mot est aus­si le nom de l’hexa­gramme 40. En fran­çais, il évoque un sou­la­ge­ment, un relâ­che­ment de la contrainte.

Le terme se décom­pose en trois élé­ments : 角 jiǎo « corne », 刀 dāo « cou­teau » et 牛 niú « bovin ». Le Shuo­wen Jie­zi le défi­nit comme l’ac­tion de sépa­rer les cornes d’un bœuf à l’aide d’un cou­teau : le dépe­çage rituel d’un ani­mal, la désar­ti­cu­la­tion com­pé­tente d’une struc­ture.

Le geste décrit n’est pas une vio­lence brute mais une tech­nique qui suit les arti­cu­la­tions natu­relles. Le cou­teau indique qu’un savoir-faire est requis : la libé­ra­tion ne se pro­duit pas d’elle-même. Le bœuf, ani­mal sacri­fi­ciel par excel­lence dans la Chine ancienne, confère à l’o­pé­ra­tion une dimen­sion rituelle. Et les cornes repré­sentent ce qui doit être déta­ché, ce qui fait saillie et sera sépa­ré du corps prin­ci­pal.

La libé­ra­tion selon 解 Xiè n’est donc pas un simple relâ­che­ment. C’est un dénoue­ment actif qui sup­pose la connais­sance intime de la struc­ture à dénouer, et la cer­ti­tude que cette struc­ture contient en elle-même les condi­tions de sa propre réso­lu­tion. Pour le consul­tant, cette infor­ma­tion trans­forme concrè­te­ment le diag­nos­tic : il ne s’a­git pas d’at­tendre que “ça passe” ni de for­cer un pas­sage, mais de cher­cher les join­tures natu­relles de la situa­tion.

J’u­ti­lise beau­coup la com­po­si­tion “éty­mo­lo­gique” des carac­tères pour faire res­sur­gir la vita­li­té des mots chi­nois. Le plus vieux dic­tion­naire chi­nois est le Shuo­wen Jie­zi 說文解字. Il se trouve que son titre même a pour troi­sième carac­tère 解 jiě “défaire, com­prendre” : défaire la struc­ture d’un carac­tère com­plexe pour en révé­ler les com­po­sants, exac­te­ment comme le bou­cher défait la struc­ture de l’a­ni­mal. Notre démarche de décom­po­si­tion sys­té­ma­tique des mots chi­nois est donc, à la lettre, un exer­cice de 解 jiě.

L’hexagramme 40

 

Tuan Zhuan

Appli­quons ce prin­cipe à l’hexa­gramme 40 lui-même.

Le texte du Juge­ment dit :

“Libé­ra­tion. Pro­fi­table au Sud-Ouest. Nulle part où aller : sa venue est un retour, pro­pice. Il y a où aller : tôt est pro­pice.”

Les tra­duc­tions cou­rantes offrent un conseil en appa­rence clair : déblo­quez la situa­tion, allez‑y ou reve­nez, ne traî­nez pas. Mais ce conseil flotte dans un vide : deux direc­tions oppo­sées semblent recom­man­dées dans la même phrase, et l’on ne sait pas laquelle suivre ni pour­quoi.

Le Tuan Zhuan com­mence par :

“Libé­ra­tion : péril donc mou­ve­ment. Se mou­voir pour échap­per au péril : libé­ra­tion.”

La Note de tra­duc­tion déploie ce que cette for­mule com­presse. Le tri­gramme infé­rieur Kǎn (abîme/péril) est sur­mon­té par Zhèn (tonnerre/ébranlement) en posi­tion supé­rieure. La construc­tion de la phrase éta­blit une cau­sa­li­té para­doxale : c’est le péril lui-même qui engendre le mou­ve­ment néces­saire à la libé­ra­tion. La par­ti­cule 以 indique que le dan­ger fonc­tionne comme cata­ly­seur plu­tôt que comme simple obs­tacle.

Puis la deuxième phrase com­plète la dia­lec­tique : le mou­ve­ment ain­si engen­dré per­met d’é­chap­per au péril qui l’a sus­ci­té.

Le verbe 免 miǎn “échap­per” ne signi­fie pas fuir mais se déga­ger, se libé­rer des entraves, à la manière de la condi­tion de l’a­ni­mal dont on défait les arti­cu­la­tions. Le consul­tant com­prend alors pour­quoi sa situa­tion de blo­cage n’est pas une impasse : le péril contient struc­tu­rel­le­ment les condi­tions de sa propre réso­lu­tion.

–> Cette inter­pré­ta­tion n’est plus un oracle : elle est déjà deve­nue une car­to­gra­phie des forces en pré­sence.

Le Juge­ment pré­sente ensuite une alter­na­tive struc­tu­rée que la plu­part des tra­duc­tions laissent flot­ter :

“Nulle part où aller : sa venue est un retour, pro­pice. Il y a où aller : tôt est pro­pice.”

Les deux branches semblent se contre­dire. Le consul­tant, face à son tirage, ne sait pas laquelle appli­quer. Le Tuan Zhuan, relayé par la Note de tra­duc­tion, four­nit le cri­tère de dis­tinc­tion.

Pour la pre­mière branche, le retour, le com­men­taire jus­ti­fie :

“Son retour est pro­pice, car il obtient le centre”.

C’est le deuxième trait yáng, cen­tral dans le tri­gramme infé­rieur 坎 Kǎn, qui fonde cette pro­po­si­tion. Quand il n’y a pas de direc­tion exté­rieure à prendre, la libé­ra­tion s’ac­com­plit par le recen­trage : 來復 lái fù “venir-reve­nir” exprime un mou­ve­ment cen­tri­pète qui ramène vers le juste milieu.

Pour la seconde branche le Tuan Zhuan jus­ti­fie l’ac­tion par “y aller est méri­toire”. Le carac­tère 攸 yōu évoque éty­mo­lo­gi­que­ment le flux natu­rel de l’eau et désigne la direc­tion appro­priée, celle qui suit le cours des choses. Le terme 功 gōng “mérite, accom­plis­se­ment” com­bine 工 “habi­le­té” et 力 “force : l’ef­fi­ca­ci­té concrète de l’ac­tion au moment oppor­tun. Et la promp­ti­tude 夙 n’est pas pré­ci­pi­ta­tion mais réac­ti­vi­té : une fois la direc­tion iden­ti­fiée, retar­der l’ac­tion épui­se­rait l’é­lan libé­ra­teur.

Le Tuan Zhuan enseigne donc un dis­cer­ne­ment préa­lable entre les situa­tions qui appellent le retour au centre et celles qui exigent l’en­ga­ge­ment réso­lu. Cette alter­na­tive struc­tu­rée, invi­sible dans la tra­duc­tion brute, est pré­ci­sé­ment ce qui trans­forme la consul­ta­tion en exer­cice de juge­ment plu­tôt qu’en récep­tion pas­sive d’une “réponse”.

Du dénouement individuel au printemps cosmique

Le Tuan Zhuan de l’hexa­gramme 40 ne s’ar­rête pas à l’a­na­lyse struc­tu­relle. Il déploie le prin­cipe de la libé­ra­tion à tra­vers trois niveaux en cas­cade, que la Note de tra­duc­tion rend lisibles.

Au niveau cos­mique :

“Le Ciel et la Terre se délivrent, alors ton­nerre et pluie s’ac­tivent.”

La réso­lu­tion des ten­sions entre Ciel et Terre pro­duit les phé­no­mènes atmo­sphé­riques. Le ton­nerre et la pluie cor­res­pondent direc­te­ment aux deux tri­grammes consti­tu­tifs : 震 Zhèn au-des­sus et 坎 Kǎn en des­sous.

Au niveau phé­no­mé­nal :

“Ton­nerre et pluie s’ac­tivent, alors tous les fruits, herbes et arbres font écla­ter leurs enve­loppes.”

L’i­mage prin­ta­nière de la ger­mi­na­tion, la graine qui brise sa coque pro­tec­trice deve­nue contrai­gnante, consti­tue la méta­phore concrète de toute libé­ra­tion.

Puis l’ex­cla­ma­tion finale :

“Qu’il est grand le temps de la Libé­ra­tion !”

célèbre la tem­po­ra­li­té spé­ci­fique de la réso­lu­tion, non pas un évé­ne­ment ponc­tuel mais un moment cos­mo­lo­gique où tous les niveaux de réa­li­té conspirent vers le dénoue­ment.

Ain­si, la ques­tion posée au Yi Jing, défi­nie au départ comme la recherche d’une libé­ra­tion indi­vi­duelle, par­ti­cipe au per­fec­tion­ne­ment de l’ordre col­lec­tif.

De l’érudition à la divination

Une tra­duc­tion, même excel­lente, opère un choix. Elle sélec­tionne un sens par­mi plu­sieurs, apla­tit les réso­nances gra­phiques des carac­tères, et efface les argu­ments struc­tu­rels qui fondent le Juge­ment. Le lec­teur reçoit un résul­tat sans accé­der au rai­son­ne­ment.

C’est pré­ci­sé­ment dans cet écart entre la for­mule tra­duite et la com­pré­hen­sion réelle que les Notes de tra­duc­tion du Tuan Zhuan inter­viennent. Non pas comme une couche sup­plé­men­taire d’é­ru­di­tion, mais comme l’ou­til qui rend le Juge­ment opé­rant, c’est-à-dire capable de par­ler à votre situa­tion. Car la consul­ta­tion divi­na­toire ne se nour­rit pas de prin­cipes géné­raux. Elle se nour­rit de la com­pré­hen­sion pré­cise de cet hexa­gramme, dans cette confi­gu­ra­tion de tri­grammes, avec ces rap­ports entre traits. Les Notes four­nissent exac­te­ment cela : la lec­ture struc­tu­relle que le Tuan Zhuan a posée, ren­due acces­sible sans la déna­tu­rer.

La méthode

Je vous sug­gère de com­men­cer par essayer cette méthode sur un “tirage simple” (un hexa­gramme sans trait mutant et donc sans hexa­gramme de pers­pec­tive). Afin d’é­pu­rer encore le pro­ces­sus, ne consi­dé­rez pas non plus le texte de la Grande Image. Nous allons ain­si nous limi­ter à une com­pré­hen­sion appro­fon­die du Juge­ment de l’hexa­gramme.

Etape 1 : Rédi­gez une ques­tion claire et pré­cise.

Etape 2 : Effec­tuez le tirage (pièces, baguettes, appli­ca­tion en ligne, etc.)

Etape 3 : Lisez rapi­de­ment la tra­duc­tion du texte du Juge­ment

Etape 4 : Lisez rapi­de­ment la tra­duc­tion du texte du Tuan Zhuan

Etape 5 : Les notes de tra­duc­tion du Tuan Zhuan

a) Lisez atten­ti­ve­ment la sec­tion “Le nom de l’hexa­gramme”

- Elle com­mence par une décom­po­si­tion éty­mo­lo­gique du ou des carac­tères qui consti­tuent le titre de l’hexa­gramme et en expriment donc l’es­sence.

- Elle se ter­mine en évo­quant l’hexa­gramme pré­cé­dent comme un acquis, un palier inté­gré sur la base duquel se déploie la dyna­mique actuelle.

Sur­li­gnez ou notez tout ce qui cor­res­pond à la situa­tion évo­quée par votre ques­tion ou en redé­fi­nit les termes.

b) Lisez atten­ti­ve­ment la sec­tion “Les tri­grammes et les traits”

- Y est tout d’a­bord pré­sen­tée la rela­tion dyna­mique entre les deux tri­grammes qui consti­tuent l’hexa­gramme.

- Les par­ti­cu­la­ri­tés des traits qui contri­buent à éclai­rer le sens de l’hexa­gramme y sont ensuite évo­quées

- Les dif­fé­rentes facettes de l’hexa­gramme sont ensuite rapi­de­ment esquis­sées par une syn­thèse des moda­li­tés que décrivent les 6 traits

Sur­li­gnez ou notez tout ce qui cor­res­pond à la situa­tion évo­quée par votre ques­tion ou en redé­fi­nit les termes.

c) Vient ensuite “L’ex­pli­ca­tion du Juge­ment”

- la fonc­tion pre­mière des Notes de tra­duc­tion : mon­trer com­ment le com­men­taire ancien déduit le Juge­ment de la struc­ture.

- l’une après l’autre, chaque expres­sion du Juge­ment est donc détaillée et jus­ti­fiée par l’ex­pli­ca­tion cor­res­pon­dante du Tuan Zhuan. Y est pré­ci­sé le sens que devrait por­ter une “tra­duc­tion juste” de cha­cun des mots chi­nois du Juge­ment.

    - cette démarche vous sem­ble­ra pro­ba­ble­ment les pre­mières fois assez fas­ti­dieuse, mais ce détour per­met d’é­clai­rer en pro­fon­deur la dyna­mique, c’est-à-dire le geste gra­phique, qui a conduit à cha­cun des termes du Juge­ment.- elle nous débar­rasse des mul­tiples strates inter­pré­ta­tives qui altèrent les “ana­lyses prêtes à mâcher” que nous consom­mons habi­tuel­le­ment

    - avant toute consi­dé­ra­tion morale ou cadre concep­tuel, c’est en effet en fonc­tion de la posi­tion des traits ou des tri­grammes que sont argu­men­tés les choix tra­duc­tifs ou les méta­phores du Juge­ment et de son com­men­taire.

    - nous sommes alors “en prise directe” avec les textes ini­tiaux et il devient alors beau­coup plus simple de les relier à la ques­tion que nous avons posée.

    - l’ordre dans lequel sont pro­po­sées les expres­sions ou phrases du Juge­ment est qua­si­ment tou­jours res­pec­té par les expli­ca­tions du Tuan Zhuan. Cela indique une pro­gres­sion dans la des­crip­tion : l’ar­gu­men­ta­tion est donc soit un appro­fon­dis­se­ment des notions ou une évo­lu­tion du plus géné­ral jus­qu’aux par­ti­cu­la­ri­tés

    Sur­li­gnez ou notez tout ce qui cor­res­pond à la situa­tion évo­quée par votre ques­tion ou en redé­fi­nit les termes.

    d) Les Notes de tra­duc­tion se concluent par une “Syn­thèse”

    - y sont rapi­de­ment résu­més les élé­ments-clés du déve­lop­pe­ment

    - les domaines où s’ap­pliquent géné­ra­le­ment la situa­tion de l’hexa­gramme sont pour finir men­tion­nés

    Sur­li­gnez ou notez tout ce qui cor­res­pond à la situa­tion évo­quée par votre ques­tion ou en redé­fi­nit les termes.

    Etape 6 : Votre propre syn­thèse

    • Reli­sez le texte du Juge­ment et du Tuan Zhuan
    • Reli­sez toutes vos notes et ten­tez de com­prendre la pro­gres­sion dans la pré­sen­ta­tion ou la décom­po­si­tion et l’en­chai­ne­ment des dif­fé­rentes phases
    • Reliez direc­te­ment votre situa­tion à la dyna­mique des traits, des tri­grammes et de l’hexa­gramme tout entier (faites un des­sin !)
    • Refor­mu­lez votre ques­tion selon les termes que pro­pose le Yi Jing
    • Rédi­gez une ligne de conduite, stra­té­gie ou liste d’é­tapes en réponse à la ques­tion ini­tiale

    Conclusion

    La pro­gres­sion en quatre sec­tions (nom de l’hexa­gramme, tri­grammes et traits, expli­ca­tion du Juge­ment, syn­thèse) n’est pas un for­ma­tage arbi­traire. Elle repro­duit le mou­ve­ment même du Tuan Zhuan : par­tir du carac­tère, ana­ly­ser la confi­gu­ra­tion, jus­ti­fier le Juge­ment terme par terme, puis en déga­ger l’o­rien­ta­tion d’en­semble.

    Ce qui se joue dans cette démarche, ce n’est pas l’ac­cu­mu­la­tion de savoir sino­lo­gique. C’est l’ac­qui­si­tion pro­gres­sive d’une méthode de lec­ture que le consul­tant inté­rio­rise à mesure qu’il avance dans les hexa­grammes.

    Le Tuan Zhuan éta­blit le voca­bu­laire et la métho­do­lo­gie même de l’in­ter­pré­ta­tion sys­té­ma­tique du Yi Jing. Comme le cui­si­nier Ting qui, après des années de pra­tique, trouve le bœuf “par l’es­prit sans plus le voir de ses yeux”, le pra­ti­cien qui s’exerce à cette lec­ture finit par per­ce­voir direc­te­ment les join­tures de sa situa­tion, là où il ne voyait d’a­bord qu’une masse opaque.

    C’est en cela que la consul­ta­tion devient un art de nour­rir la vie en soi.