Un dragon apparaît

par Alain Leroy

J’ai fini de mettre en place les outils et méthodes pour notre long voyage dans la ver­sion de Gāo Hēng.

Nous aban­don­nons les sec­tions 2 “Ana­lyse détaillée”, annon­cées lors de mon article d’in­tro­duc­tion : leur conte­nu était beau­coup trop tech­nique pour le lec­teur cou­rant. Ces maté­riaux seront ulté­rieu­re­ment redis­tri­bués vers des empla­ce­ments dédiés. Les cher­cheurs inté­res­sés pour­ront soit me ques­tion­ner pour des pré­ci­sions sur les sources invo­quées, soit se réfé­rer à l’ou­vrage ori­gi­nal.

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Traductions, notes et thèses transversales

Les cha­pitres “Eclai­rage de Gāo Hēng” sont dis­po­nibles dès aujourd’­hui pour l’hexa­gramme 1 (Juge­ment et traits). Vous y trou­ve­rez tout d’a­bord notre tra­duc­tion de la lec­ture chi­noise du Texte Cano­nique par Gāo Hēng.

Les notes qui suivent sont une syn­thèse et une ana­lyse de ses com­men­taires et des sources aux­quelles il se réfère.

Puisque cer­taines idées sont com­munes à de nom­breux cha­pitres, vous trou­ve­rez désor­mais dans le menu en pied de page du site un lien “Gāo Hēng” vers une page dédiée aux “notions trans­ver­sales” de sa théo­rie. Leur liste s’é­ten­dra au fil de notre pro­gres­sion dans les hexa­grammes et elles seront com­plé­tées par des articles de fond.

Par­mi les apports les plus impor­tants, nous consa­cre­rons très pro­chai­ne­ment un article assez consé­quent au sujet des quatre pre­miers carac­tères du Zhōuyì, tra­di­tion­nel­le­ment dési­gnés comme les “Quatre ver­tus”, mais que Gāo Hēng relit en tout autre sens.

Séparer le Zhōuyì des Dix Ailes

Au tout début de la page “Notions trans­ver­sales de Gāo Hēng” appa­raît un article sur la thèse prin­ci­pale qui sous-tend toutes les autres notions : “Sépa­rer le Zhōuyì des Dix Ailes”.

Je vous sug­gère de com­men­cer par sa lec­ture.

Y sont expo­sées la nature de ses argu­ments, les consé­quences sur la lec­ture du texte ori­gi­nel, mais éga­le­ment les limites de son approche et les réserves qu’ont for­mu­lées d’autres cher­cheurs. Ce docu­ment se conclut sur l’orien­ta­tion que l’En­cy­clo­pé­die du Yì Jīng a adop­tée :

Ne pas choi­sir entre une ver­sion ou l’autre, mais nour­rir la lec­ture des com­men­taires de la strate pre­mière des textes.

Des traductions et des notes vraiment évolutives

Lorsque nous aurons ter­mi­né cette étude de Gāo Hēng, il sera temps de rema­nier nos propres tra­duc­tions et les notes asso­ciées.

Dans cer­tains cas la soli­di­té des argu­ments nous obli­ge­ra en effet à renon­cer à notre ver­sion anté­rieure. Dans d’autres cas, leur fai­blesse nous condui­ra à ne les évo­quer que comme des nuances poten­tielles ou même à contes­ter la radi­ca­li­té d’une lec­ture trop rigide.

Mais le plus inté­res­sant, et le plus dif­fi­cile, sera d’arbi­trer entre la lec­ture depuis le Zhouyi ou celle depuis les Com­men­taires. Il est en effet aisé pour un lec­teur chi­nois fami­lier de la langue clas­sique de per­ce­voir dans la construc­tion des mots les dif­fé­rentes strates qui ont appuyé son évo­lu­tion. Notre défi sera alors d’affi­ner notre tra­duc­tion afin que trans­pa­raisse en fran­çais le sens his­to­rique dans la ver­sion phi­lo­so­phique.

Pous­sant notre ambi­tion encore plus loin, l’i­déal serait ensuite de par­ve­nir à la même chose dans nos inter­pré­ta­tions, de telle sorte que lors d’un tirage, le consul­tant ne soit pas obli­gé d’ef­fec­tuer tout le détour par l’a­na­lyse du texte pour per­ce­voir les sens ins­crits au plus pro­fond.

Le dra­gon amphi­bie, émer­geant des pro­fon­deurs, sera alors visible dans le champ…

Et ensuite ?

Nous pour­rons alors envi­sa­ger les apports de la ver­sion de Mawang­dui. L’é­di­tion ini­tiale de l’ou­vrage  de Gāo Hēng est  en effet anté­rieure à 1973 (date de l’ex­hu­ma­tion des manus­crits sur soie), et il est mort en 1986 sans l’a­voir rema­niée en pro­fon­deur.

Après ces deux cures de jou­vence,  c’est avec un regard neuf et une meilleure assise que nous pour­rons abor­der la suc­ces­sion des com­men­taires : les Dix Ailes relues par Gāo Hēng dans un ouvrage spé­ci­fique, puis Wang Bi, …puis les néo-confu­céens.

Et pour finir, même les visions phi­lo­so­phiques et psy­cho­lo­giques contem­po­raines pour­ront alors être revi­si­tées et enri­chies !