Un dragon apparaît
J’ai fini de mettre en place les outils et méthodes pour notre long voyage dans la version de Gāo Hēng.
Nous abandonnons les sections 2 “Analyse détaillée”, annoncées lors de mon article d’introduction : leur contenu était beaucoup trop technique pour le lecteur courant. Ces matériaux seront ultérieurement redistribués vers des emplacements dédiés. Les chercheurs intéressés pourront soit me questionner pour des précisions sur les sources invoquées, soit se référer à l’ouvrage original.

Traductions, notes et thèses transversales
Les chapitres “Eclairage de Gāo Hēng” sont disponibles dès aujourd’hui pour l’hexagramme 1 (Jugement et traits). Vous y trouverez tout d’abord notre traduction de la lecture chinoise du Texte Canonique par Gāo Hēng.
Les notes qui suivent sont une synthèse et une analyse de ses commentaires et des sources auxquelles il se réfère.
Puisque certaines idées sont communes à de nombreux chapitres, vous trouverez désormais dans le menu en pied de page du site un lien “Gāo Hēng” vers une page dédiée aux “notions transversales” de sa théorie. Leur liste s’étendra au fil de notre progression dans les hexagrammes et elles seront complétées par des articles de fond.
Parmi les apports les plus importants, nous consacrerons très prochainement un article assez conséquent au sujet des quatre premiers caractères du Zhōuyì, traditionnellement désignés comme les “Quatre vertus”, mais que Gāo Hēng relit en tout autre sens.
Séparer le Zhōuyì des Dix Ailes
Au tout début de la page “Notions transversales de Gāo Hēng” apparaît un article sur la thèse principale qui sous-tend toutes les autres notions : “Séparer le Zhōuyì des Dix Ailes”.
Je vous suggère de commencer par sa lecture.
Y sont exposées la nature de ses arguments, les conséquences sur la lecture du texte originel, mais également les limites de son approche et les réserves qu’ont formulées d’autres chercheurs. Ce document se conclut sur l’orientation que l’Encyclopédie du Yì Jīng a adoptée :
Ne pas choisir entre une version ou l’autre, mais nourrir la lecture des commentaires de la strate première des textes.
Des traductions et des notes vraiment évolutives
Lorsque nous aurons terminé cette étude de Gāo Hēng, il sera temps de remanier nos propres traductions et les notes associées.
Dans certains cas la solidité des arguments nous obligera en effet à renoncer à notre version antérieure. Dans d’autres cas, leur faiblesse nous conduira à ne les évoquer que comme des nuances potentielles ou même à contester la radicalité d’une lecture trop rigide.
Mais le plus intéressant, et le plus difficile, sera d’arbitrer entre la lecture depuis le Zhouyi ou celle depuis les Commentaires. Il est en effet aisé pour un lecteur chinois familier de la langue classique de percevoir dans la construction des mots les différentes strates qui ont appuyé son évolution. Notre défi sera alors d’affiner notre traduction afin que transparaisse en français le sens historique dans la version philosophique.
Poussant notre ambition encore plus loin, l’idéal serait ensuite de parvenir à la même chose dans nos interprétations, de telle sorte que lors d’un tirage, le consultant ne soit pas obligé d’effectuer tout le détour par l’analyse du texte pour percevoir les sens inscrits au plus profond.
Le dragon amphibie, émergeant des profondeurs, sera alors visible dans le champ…
Et ensuite ?
Nous pourrons alors envisager les apports de la version de Mawangdui. L’édition initiale de l’ouvrage de Gāo Hēng est en effet antérieure à 1973 (date de l’exhumation des manuscrits sur soie), et il est mort en 1986 sans l’avoir remaniée en profondeur.
Après ces deux cures de jouvence, c’est avec un regard neuf et une meilleure assise que nous pourrons aborder la succession des commentaires : les Dix Ailes relues par Gāo Hēng dans un ouvrage spécifique, puis Wang Bi, …puis les néo-confucéens.
Et pour finir, même les visions philosophiques et psychologiques contemporaines pourront alors être revisitées et enrichies !