Hexagramme 8 : Bi · S’allier
Présentation Générale
Introduction et signification métaphysique de Bi
L’hexagramme 8, nommé Bi (比), représente l’Alliance ou la Cohésion. Il symbolise le rassemblement harmonieux des forces et des individus autour d’un objectif commun. Bi incarne le principe de la synergie et de l’unité dans la diversité, où la force du collectif dépasse la somme de ses parties.
Cet hexagramme nous rappelle que la véritable union n’est pas une simple agrégation, mais une intégration profonde qui respecte et valorise les différences tout en créant une identité collective forte.
Interprétation Générale de l’Hexagramme
Dans une situation qui exige la création d’une cohésion forte, l’émergence de signes favorables ne doit pas nous mener à baisser notre garde. C’est au contraire le moment précis de valider et renforcer la fiabilité de la situation en nous recentrant autour de ce que nous identifions comme essentiel.
Comment procéder ? : c’est en interrogeant et en harmonisant à nouveau la diversité de nos points de vue que nous allons entretenir la synergie et renforcer encore notre cohésion. Cette démarche proactive ne se contente donc pas de maintenir notre position actuelle ; elle écarte surtout et par avance les risques de confusion de manière significative et durable. Ce recentrage nous permet également d’éviter la dispersion, qui pourrait fragiliser l’unité récemment acquise.
Conseil Divinatoire
Il ne faut surtout pas s’inquiéter face aux défis que présente la situation actuelle : ce sont uniquement des opportunités de renforcement collectif. C’est pourquoi il est fondamental de ne pas se dérober et d’assumer pleinement la responsabilité de créer et maintenir cette cohésion.
La circonspection est donc de mise pour questionner notre approche et nous assurer qu’elle reste alignée avec nos valeurs essentielles. Si l’objectif est bien de ne pas avoir à le regretter plus tard, cette vigilance ne doit cependant pas devenir synonyme d’inquiétude : elle témoigne simplement d’une attention constante et bienveillante envers notre objectif commun.
Pour approfondir
La sagesse de Bi trouve des échos fascinants dans les théories modernes de gestion organisationnelle et de psychologie sociale. Le concept de “diversité et inclusion” en management promeut une union qui valorise les différences. Cette approche souligne comment la diversité, lorsqu’elle est véritablement intégrée, peut devenir un puissant moteur d’innovation et de performance collective.
Le concept d’ ”intelligence collective” en psychologie cognitive révèle lui-aussi comment la mise en commun des connaissances et des perspectives diverses peut mener à des solutions plus créatives et efficaces que celles produites individuellement.
Mise en Garde
Bien que toute union semble, à la base, bénéfique, il ne faut pas que l’harmonie collective s’établisse au détriment de l’authenticité. Une unité superficielle ne pourrait pas résister aux épreuves. Il est donc essentiel de maintenir un équilibre entre le désir naturelle et légitime d’union et le respect des différences individuelles, afin que la cohésion ne se transforme pas en conformisme ou en perte d’identité.
Synthèse et Conclusion
· Importance de rester vigilant même face à des signes favorables
· Nécessité de se recentrer sur les valeurs essentielles pour renforcer la cohésion
· Valeur de l’harmonisation des divers points de vue pour créer une synergie
· Perception des défis comme opportunités de renforcement collectif
· Renforcement de la responsabilité dans la création et le maintien de l’union
· Équilibre entre vigilance et confiance positive dans le processus d’union
· Entretien permanent d’un environnement propice à la réussite collective
L’hexagramme Bi nous rappelle que la véritable force réside dans notre capacité à créer une union authentique et durable. En cultivant une approche qui valorise à la fois l’unité et la diversité, en restant vigilants et centrés sur nos valeurs essentielles, nous pouvons forger inlassablement une cohésion qui non seulement résiste aux défis, mais s’en nourrit pour grandir. La vraie union n’est donc pas un objectif à atteindre, mais le processus continu de la croissance et de l’harmonisation du collectif.
Jugement
彖s’allier
bon augure
S’associer.
Faste.
À l’origine, consulter l’oracle
concernait le commencement, la durée et la persévérance.
Pas de blâme
N’étant pas tranquille, se présenter.
Arriver tardivement est néfaste.
Notes de traduction
ANALYSE LEXICALE ET SYMBOLIQUE
Le caractère 比 est composé graphiquement d’éléments suggérant deux personnes côte à côte, évoquant la proximité, le rapprochement et l’association.
Le champ sémantique de 比 est particulièrement riche :
- Proximité, contiguïté, voisinage
- Comparaison, mise en parallèle
- Alliance, association, regroupement
- Assistance mutuelle, entraide
La structure même de l’hexagramme soutient cette idée d’association : composé du trigramme 坤 (kūn, la Terre) en haut et du trigramme 坎 (kǎn, l’Eau) en bas, il évoque l’image de l’eau contenue par la terre, symbolisant la cohésion et l’union des éléments. L’eau s’infiltre dans la terre, créant une relation d’interdépendance qui illustre parfaitement la notion d’alliance.
CHOIX DE TRADUCTION
比 (bǐ) : J’ai choisi de le traduire par “s’associer” plutôt que par “s’allier”, “se regrouper”, “faire corps avec”, “proximité” ou “union”, afin de capture r l’aspect dynamique de l’alliance volontaire tout en préservant la connotation de rapprochement.
吉 (jí) : Traduit par “faste”, ce terme désigne un présage favorable dans le contexte divinatoire. J’aurais pu opter pour “favorable” ou “propice”, mais “faste” préserve la dimension augurale propre à la divination chinoise antique.
原筮 (yuán shì) : J’ai rendu cette expression par “À l’origine, consulter l’oracle”. Le terme 原 (yuán) peut signifier “origine” ou “retourner à”, tandis que 筮 (shì) désigne spécifiquement la consultation de l’oracle par les tiges d’achillée. Cette formulation suggère un retour à la consultation originelle, une vérification des intentions premières.
元永貞 (yuán yǒng zhēn) : Ma traduction “concernait le commencement, la durée et la persévérance” décompose cette formule tripartite classique :
- 元 (yuán) : “commencement”, “origine”, “fondement”
- 永 (yǒng) : “durée”, “permanence”, “continuité”
- 貞 (zhēn) : “présage”, “fermeté”, “persévérance”
Cette triade représente les trois phases temporelles d’une entreprise : son initiation, sa continuation et sa stabilisation. Dans la tradition de Wang Bi, ces termes sont interprétés comme décrivant les qualités essentielles d’une alliance réussie.
无咎 (wú jiù) : La formule “pas de blâme” est classique dans le Yi Jing. Le terme 咎 (jiù) désigne une faute rituelle ou un blâme moral. Cette expression indique que l’action préconisée ne comportera pas de conséquences négatives si elle est menée correctement.
不寧方來 (bù níng fāng lái) : J’ai traduit cette séquence par “N’étant pas tranquille, se présenter”. Le segment 不寧 (bù níng) évoque l’agitation, l’inquiétude ou l’absence de repos, tandis que 方來 (fāng lái) suggère l’action de venir, d’approcher ou de se présenter. Cette formulation cryptique peut s’interpréter comme : celui qui est agité vient chercher alliance.
後夫凶 (hòu fū xiōng) : Rendu par “Arriver tardivement est néfaste”, cette expression mérite une attention particulière. 後 (hòu) signifie “tard” ou “après”, 夫 (fū) est une particule emphatique ou désigne “celui qui”, et 凶 (xiōng) indique un présage défavorable ou une fermeture. La phrase suggère que tarder à s’allier conduit à des conséquences néfastes.
CONTEXTUALISATION HISTORIQUE ET CULTURELLE
Dans le contexte de la Chine antique, l’hexagramme 比 possède une dimension politique et sociale fondamentale. L’alliance était une stratégie essentielle tant pour les États en période des Printemps et Automnes que pour les individus au sein de la société hiérarchisée.
La consultation de l’oracle (筮, shì) mentionnée dans le jugement rappelle la pratique divinatoire par les tiges d’achillée, qui prévalait sous les Zhou. Cette pratique rituelle permettait d’interroger les forces cosmiques sur la pertinence d’une alliance. La séquence “元永貞” (yuán yǒng zhēn) constitue une formule rituelle qui apparaît dans plusieurs hexagrammes, suggérant les trois qualités recherchées dans tout projet d’importance.
Perspectives interprétatives
Dans la tradition confucéenne l’hexagramme 比 évoque l’importance des relations humaines harmonieuses. L’alliance est vue comme l’expression de la vertu de 仁 (rén, humanité/bienveillance), qui se manifeste dans les cinq relations cardinales. La formule “n’étant pas tranquille, se présenter” suggère que c’est précisément en période de trouble que l’on recherche des alliances, illustrant le principe confucéen d’entraide en temps de difficulté.
Dans l’interprétation taoïste, notamment celle de Wang Bi, l’hexagramme 比 est perçu comme une invitation à l’union naturelle et non forcée. L’alliance authentique émerge spontanément comme l’eau qui s’infiltre naturellement dans la terre. Le conseil “À l’origine, consulter l’oracle” suggère un retour à l’intention pure, à l’alliance qui naît de la voie naturelle (dào) plutôt que d’intérêts calculés.
Structure de l’Hexagramme 8
Il est précédé de H7 師 shī “Troupe” (ils appartiennent à la même paire), et suivi de H9 小畜 xiǎo chù “Petit apprivoisement”.
Son Opposé est H14 大有 dà yǒu “Grande propriété”.
Son hexagramme Nucléaire est H23 剝 bō “Elaguer”.
Le trait maître est le cinquième.
– Formules Mantiques : 吉 jí ; 元永貞 yuán yǒng zhēn ; 无咎 wú jiù ; 凶 xiōng.
Expérience corporelle
L’hexagramme 比 peut également se comprendre à travers l’expérience corporelle et existentielle de l’alliance. L’idée de proximité évoquée par le caractère 比 résonne avec l’expérience physique de la contiguïté des corps, du contact et du rapprochement.
Dans la tradition chinoise, l’alliance n’est pas simplement un contrat abstrait mais une expérience vécue de rapprochement. Cette dimension corporelle est reflétée dans l’image de l’eau qui s’infiltre dans la terre : deux substances qui se mêlent intimement sans perdre leur nature propre.
L’expression “n’étant pas tranquille, se présenter” (不寧方來, bù níng fāng lái) évoque l’expérience physique de l’agitation qui pousse à chercher le réconfort de l’alliance, comme un corps inquiet cherche naturellement la proximité rassurante d’un autre corps. Cette agitation (不寧, bù níng) peut être comprise comme une manifestation du 氣 (qì) perturbé qui cherche à se stabiliser par l’alliance harmonieuse.
La dimension temporelle exprimée par “arriver tardivement est néfaste” (後夫凶, hòu fū xiōng) souligne l’importance du moment opportun (時, shí) dans la recherche d’alliance. Dans l’expérience vécue, cette notion correspond au sentiment d’avoir manqué le moment propice, d’arriver quand l’équilibre des forces n’est plus favorable.
L’alliance dans le 比 n’est pas qu’un concept politique ou social, mais une modalité fondamentale de l’existence humaine, un mode d’être-au-monde qui reconnaît l’interdépendance comme condition première de l’épanouissement.
Commentaire sur le Jugement
彖 傳s’allier • bon augure • particule finale • s’allier • aider • particule finale • sous • se conformer • se conformer • particule finale
de nouveau • consulter le sort • originel • durablement • présage • pas • faute • ainsi • ferme • au centre • particule finale
pas • tranquille • direction • venir • au-dessus • sous • il faut • particule finale
ensuite • mari • fermeture • son • voie • épuiser • particule finale
S’associer est faste. S’associer, c’est l’assistance mutuelle. L’inférieur suit et se conforme.
À l’origine consulter l’oracle concernait le commencement, la durée et la persévérance. Pas de blâme, grâce à la fermeté centrale.
N’étant pas tranquille, se présenter. Car le haut et le bas résonnent.
Arriver tardivement est néfaste. Car sa propre voie s’épuise.
Notes de traduction
Commentaire sur le Jugement
彖 傳 tuàn zhuàn
比 , 吉 也 , 比 , 輔 也 , 下 順 從 也 。
bí , jí yě , bí , fǔ yě , xià shùn cóng yě 。
s’allier • bon augure • particule finale • s’allier • 11I aider • particule finale • sous • se conformer • se conformer • particule finale •
原 筮 元 永 貞 , 无 咎 , 以 剛 中 也 。
yuán shì yuán yǒng zhēn , wú jiù , yǐ gāng zhōng yě 。
de nouveau • consulter le sort • originel • durablement • présage • pas • faute • ainsi • ferme • au centre • particule finale •
不 寧 方 來 , 上 下 應 也 。
bù níng fāng lái , shàng xià yīng yě 。
pas • tranquille • direction • venir • au-dessus • sous • il faut • particule finale •
後 夫 凶 , 其 道 窮 也 。
hòu fū xiōng , qí dào qióng yě 。
ensuite • mari • fermeture • son • voie • épuiser • particule finale •
S’associer est faste. S’associer, c’est l’assistance mutuelle. L’inférieur suit et se conforme.
À l’origine consulter l’oracle concernait le commencement, la durée et la persévérance. Pas de blâme, grâce à la fermeté centrale.
N’étant pas tranquille, se présenter. Car le haut et le bas résonnent.
Arriver tardivement est néfaste. Car sa propre voie s’épuise.
Notes de traduction
LE NOM DE L’HEXAGRAMME
La composition graphique de 比 bǐ exprime l’union authentique : deux personnes côte à côte. Il ne s’agit pas d’une fusion indifférenciée mais d’un rapprochement qui préserve et enrichit les singularités. L’étymologie permet ainsi de dépasser le sens initial de “mettre en parallèle, comparer” pour désigner l’assistance mutuelle comme fondement de toute alliance véritable. Juste après l’organisation collective de Shī “Troupe”, Bǐ explore et définit les conditions d’une union harmonieuse qui n’est plus fondée sur une autorité rectificatrice mais sur une correspondance spontanée. Cette sophistication du rapport à l’autre marque donc une progression de la subordination hiérarchique vers la réciprocité créatrice.
LES TRIGRAMMES ET LES TRAITS
La configuration Kǎn 坎 (abîme/péril) au-dessus de Kūn 坤 (terre/réceptivité) manifeste une structure énergétique où la profondeur du gouffre surplombe la docilité terrestre. La position inférieure de Kūn (terre/réceptivité) suggère que la stabilité de l’alliance s’enracine dans l’humilité, mais que la docilité vulnérable reste par-dessus tout consciente du péril de l’aliénation (Kǎn à l’extérieur).
L’unique trait yang, central dans le trigramme supérieur, confirme l’autorité de la cinquième position. S’il aimante, et est aussi spontanément attiré par, la multitude yin environnante, il n’en renonce pas moins à son individualité et ne se perd pas dans la con-fusion avec l’autre. La correspondance n’est pas non plus une tutelle mais une stabilité harmonieuse qui intègre et transforme les périls inhérents à toute relation. Les six positions décrivent les différentes modalités de cette union : enracinement dans l’assistance mutuelle aux positions inférieures, maturation de la correspondance aux positions centrales, ouverture émancipatrice, puis risque de l’isolement aux positions supérieures.
EXPLICATION DU JUGEMENT
比 吉 (Bǐ jí) – S’associer – Faste
“S’associer est faste. S’associer, c’est l’assistance mutuelle. L’inférieur suit et se conforme.”
Le caractère 輔 fǔ “assistance mutuelle” désignait plus précisément les pièces de bois qui renforçaient les rayons convergents des roues de char. Ce renfort est donc la contribution à la tendance vers un centre commun : il complète une stabilité déjà établie, chaque rayon contribuant selon son angle à la fonction de l’ensemble. La convergence est le principe d’une réciprocité ou chaque élément, tenant sa place, soutient l’action des autres et respecte les différences de position. Le cinquième trait n’exprime donc pas une domination unilatérale mais le point de convergence d’une cohérence. “L’inférieur qui suit et se conforme” est bien entendu le trigramme Kūn (le char terrestre) en position basse.
順 shùn “suivre harmonieusement, s’adapter” se décompose en 川 se mettre dans le flux (la convergence des traits yin) de ce qui 頁est en tête (le trait central supérieur yang).
從 cóng “accompagner, être en accord” se lit “从adapter 彳 ses mouvements 止 et ses arrêts” : ainsi même l’ordinaire opposition “faire/ne pas faire” contribue par son adhésion spontanée à l’excellence de l’harmonie qui l’inspire.
原筮元永貞 无 咎 (Yuán shì yuán yǒng zhēn Wú jiù ) – À l’origine, consulter l’oracle concernait le commencement, la durée et la persévérance. Pas de blâme.
“À l’origine consulter l’oracle concernait le commencement, la durée et la persévérance. Pas de blâme, grâce à la fermeté centrale.”
La consultation oraculaire originelle (原筮 yuán shì) visait l’adéquation avec l’ordre cosmique. Elle est considérée ici comme le plus parfait exemple d’une alliance authentique. Les trois critères sur lesquels elle se basait étaient : début (yuán), continuation (yǒng) et fermeté (zhēn). C’est ici la “fermeté centrale” (剛中 gāng zhōng) du cinquième trait yang qui garantit l’absence de faute (无咎 wú jiù) par sa capacité à discerner et maintenir les fondements (yuán) durables (yǒng) de l’association.
不寧方來 (Bù níng fāng lái) – N’étant pas tranquille, se présenter
“N’étant pas tranquille, se présenter. Car le haut et le bas résonnent.”
L’intranquillité (dans 寧 níng, toutes les choses sont en sécurité à leur place) pousse à 方來 fāng lái “vouloir rentrer chez soi, revenir en sens inverse”, à rejoindre spontanément et immédiatement le centre d’attraction. Contrairement à l’adage “Qui se ressemble s’assemble”, c’est ici la loi “Les contraires s’attirent” qui semble mise en avant.
“Le haut et le bas résonnent” manifeste une loi cosmologique où l’harmonie naît de l’intégration permanente des tensions plutôt que de leur évitement. Dans l’exemple précédent de la roue du char, l’équilibre est obtenu par la conjugaison des oppositions. La ressemblance qui permet l’assemblage n’est donc pas basée sur les apparences : elle correspond à une motivation profonde, centrale, commune.
後夫凶 (Hòu fū xiōng) – Arriver tardivement est néfaste
“Arriver tardivement est néfaste. Car sa propre voie s’épuise.”
Ne pas répondre à la dynamique d’attraction est comparé à l’attitude d’un 後夫 hòu fū “époux tardif”. Son manque d’empressement rompt l’harmonie de l’alliance. Il ne bénéficie plus des bienfaits du soutien mutuel, et se condamne donc à n’évoluer que sur 其道qí dào sa propre voie. Cela conduit assurément à une 窮 qióng “impasse”. La construction de ce terme montre une 躬 descente au 穴 plus profond, ce qui correspond bien à l’image de 凶 xiōng “néfaste”, comme l’épuisement d’un 㐅 homme tombé au fond d’une 凵 fosse.
SYNTHÈSE
Bǐ est l’assistance mutuelle qui dépasse l’opposition ordinaire entre individualisme et collectivisme fusionnel. Cet hexagramme trouve son application dans tous les domaines nécessitant alliances durables, partenariats authentiques, et harmonisation des différences dans le respect des singularités. La progression de Shī vers Bǐ montre un perfectionnement de l’organisation collective : après l’autorité rectificatrice, l’union harmonieuse volontaire prépare l’émergence de modalités raffinées de développement dans la paix et la prospérité.
Six au Début
初 六S’associer avec sincérité.
Pas de blâme.
Avec sincérité remplir la jarre.
À la fin vient autre chose.
Faste.
Notes de traduction
ANALYSE LEXICALE ET SYMBOLIQUE
Le premier trait de l’hexagramme 8, 比 (bǐ), introduit l’expression 有孚 (yǒu fú) qui représente un concept fondamental dans le contexte de l’alliance. Cette expression combine deux caractères significatifs :
- 有 (yǒu) : “avoir”, “posséder”, “disposer de”
- 孚 (fú) : “confiance”, “sincérité”, “foi”, “incubation”
La composition graphique du caractère 孚est révélatrice : la clé de l’enfant (子) sous un élément supérieur représentant une couverture ou protection. Cette graphie évoque l’image d’un œuf couvé, d’où dérivent les significations de confiance et de sincérité – ce qui éclot naturellement après une période d’incubation.
L’expression 盈缶 (yíng fǒu) fait référence à un contenant plein :
- 盈 (yíng) : “remplir”, “déborder”, “être plein”
- 缶 (fǒu) : “jarre”, “récipient en terre cuite”, “urne”
La jarre (缶) n’est pas un récipient ordinaire dans la culture chinoise ancienne. Elle servait à conserver aliments, boissons, et était utilisée dans les rituels. Symboliquement, elle représente la capacité à contenir et préserver l’essence des choses.
L’expression 終來 (zhōng lái) suggère un processus qui arrive à son terme et ouvre sur autre chose :
- 終 (zhōng) : “fin”, “terme”, “achèvement”
- 來 (lái) : “venir”, “arriver”, “survenir”
Cette séquence lexicale développe une progression logique : la sincérité établit l’alliance (有孚比之), puis remplit la jarre (有孚盈缶), conduisant finalement à l’arrivée d’autre chose (終來有它吉).
CHOIX DE TRADUCTION
有孚比之 (yǒu fú bǐ zhī) : J’ai traduit cette expression par “S’associer avec sincérité” plutôt que par “Avoir confiance et s’y associer” ou “Posséder la sincérité pour s’allier”. Ce choix privilégie la fluidité tout en préservant l’idée essentielle d’une alliance fondée sur l’authenticité.
Le terme 孚 (fú) est particulièrement délicat à traduire. J’ai opté pour “sincérité” plutôt que “confiance” ou “foi”, car ce terme évoque mieux la qualité intrinsèque nécessaire à l’établissement d’une alliance véritable. Dans l’exégèse traditionnelle, notamment celle de Wang Bi, 孚 est interprété comme une disposition intérieure authentique qui précède naturellement l’alliance extérieure, à l’image d’un œuf qui incube avant d’éclore.
有孚盈缶 (yǒu fú yíng fǒu) : Ma traduction “Avec sincérité remplir la jarre” préserve la métaphore originale. Cette image suggère que la sincérité n’est pas fugace mais substantielle, capable de remplir un contenant. J’aurais pu opter pour des traductions plus interprétatives comme “La sincérité abonde” ou “La confiance déborde”, mais j’ai préféré conserver l’image concrète de la jarre (缶, fǒu), qui possède une résonnance rituelle importante dans le contexte de la Chine ancienne.
終來有它吉 (zhōng lái yǒu tā jí) : Cette séquence est rendue par “À la fin vient autre chose. Faste.” J’ai choisi de séparer cette formule en deux phrases pour souligner la césure logique entre le processus qui s’achève (終來, zhōng lái) et le résultat bénéfique qui en découle (有它吉, yǒu tā jí). Le terme 它 (tā, “autre chose”) suggère une transformation, l’émergence de quelque chose de différent à l’issue du processus d’alliance.
Perspectives interprétatives
La tradition confucéenne interprète ce premier trait comme l’illustration d’une alliance fondée sur la vertu. La sincérité (孚, fú) est considérée comme un préalable indispensable à toute relation harmonieuse. La “jarre remplie” symbolise l’abondance de sincérité qui garantit la qualité de l’alliance. Cheng Yi insiste sur le fait que ce trait représente la phase initiale de l’alliance, qui doit être imprégnée de sincérité pour prospérer.
L’interprétation taoïste de Wang Bi met l’accent sur la dimension naturelle et spontanée de l’alliance. Le terme 孚 est alors compris comme le processus organique de l’incubation, suggérant que la véritable alliance émerge naturellement, sans forcer, comme un œuf éclot en son temps. La “jarre remplie” évoque la plénitude du 道 (dào), la voie naturelle qui se manifeste quand rien ne l’entrave. L’expression “à la fin vient autre chose” est interprétée comme l’émergence du nouveau qui survient naturellement après un cycle complet.
CONTEXTUALISATION HISTORIQUE ET RITUELLE
L’alliance (比, bǐ) constituait une pratique politique et sociale fondamentale de la dynastie Zhou. Elle était souvent scellée par des rituels impliquant des récipients comme la jarre (缶, fǒu). Ces récipients servaient à contenir les offrandes liquides (vin rituel) échangées lors de la conclusion d’alliances.
L’expression “avec sincérité remplir la jarre” (有孚盈缶, yǒu fú yíng fǒu) pourrait faire allusion à ces pratiques rituelles. Le rituel d’alliance impliquait généralement un serment solennel (盟, méng) où les participants buvaient du vin mêlé à du sang, symbolisant leur engagement indéfectible. La jarre remplie évoque ainsi non seulement l’abondance de sincérité mais aussi le réceptacle concret des engagements rituels.
L’hexagramme 比 ayant le trigramme 坎 (l’eau) en position inférieure, il n’est pas anodin que l’image de la jarre remplie apparaisse dans ce premier trait. Cette correspondance renforce l’idée que l’alliance authentique commence par un “contenant” (la structure rituelle de l’alliance) rempli par le “contenu” (la sincérité des participants), à l’image de l’eau qui s’accumule dans un récipient.
La formule “à la fin vient autre chose” (終來有它, zhōng lái yǒu tā) peut également être lue dans une perspective sociale et politique : l’alliance sincère ne reste pas statique mais évolue vers des développements inattendus et bénéfiques.
Petite Image du Trait du Bas
Structure du Trait du Bas
- Ce trait ne possède pas la centralité, mais est à la base de l’enveloppe de l’hexagramme, que sa transformation fait évoluer de ⚏ à ⚍.
- Il n’est pas en correspondance avec le quatrième trait, mais le deviendra après la transformation de leur bigramme ⚏ en ⚍.
– Il est à la base du trigramme ☷ 坤 kūn correspondant à l’élément 地 dì “Terre”. Sa transformation produit le trigramme ☳ 震 zhèn qui correspond à l’élément 雷 léi “Tonnerre”.
– Sa relation de voisinage avec le deuxième trait évolue de ⚏ à ⚍.
- Ce trait occupe la plus basse des deux positions associées à la Terre. Sa transformation fait évoluer ce bigramme de ⚏ à ⚍.
- Formules Mantiques : 有孚,无咎 yǒu fú ? wú jiù ; 有孚 yǒu fú ; 終 zhōng ; 吉 jí.
Interprétation
Cherchez à vous unir avec une sincérité profonde, en tissant des liens honnêtes, dépourvus de masques et d’artifices, libres de tout jugement. La sincérité et la confiance sont les piliers sur lesquels reposent les relations durables. Comme un récipient se remplissant goutte à goutte, la confiance, prenant appui sur un cadre solide, s’agglomère et prospère avec le temps. Ces liens authentiques développeront progressivement leurs fruits et révèleront des opportunités et des bénéfices insoupçonnés.
Expérience corporelle
Ce premier trait évoque la sensation corporelle de l’établissement initial d’une relation de confiance. La sincérité (孚, fú) n’est pas simplement un concept abstrait mais une disposition corporelle, une manière d’être présent à l’autre qui se manifeste dans la posture, le regard, la voix. Cette présence authentique crée un espace relationnel tangible, comme une “jarre” qui se remplit progressivement.
L’image de la jarre (缶, fǒu) remplie suggère une expérience de plénitude et de satisfaction corporelle. Dans la tradition chinoise, cette sensation se rattache au concept de 盈 (yíng), qui évoque à la fois le débordement et la complétude. L’expression 盈缶 suggère un état où la sincérité n’est pas seulement présente mais abondante, créant une expérience de plénitude.
La séquence temporelle “à la fin vient autre chose” (終來有它, zhōng lái yǒu tā) évoque le rythme naturel des relations humaines, qui se transforment et évoluent avec le temps. Cette progression trouve sa correspondance dans l’expérience corporelle du cycle : tension, relâchement, transformation. L’alliance sincère modifie imperceptiblement les corps qui y participent, jusqu’à l’émergence de “quelque chose d’autre” (它, tā), une nouvelle qualité relationnelle.
Six en Deux
六 二S’associer depuis l’intérieur.
La persévérance est faste.
Notes de traduction
ANALYSE LEXICALE ET SYMBOLIQUE
Décomposons chaque élément de l’expression 比之自內 (bǐ zhī zì nèi) qui ouvre le deuxième trait de l’hexagramme 8 :
- 比 (bǐ) : “s’associer”, “s’allier”, “se rapprocher”
- 之 (zhī) : particule grammaticale multifonctionnelle (ici marque d’objet ou de direction)
- 自 (zì) : “depuis”, “à partir de”, “de”, “soi-même”
- 內 (nèi) : “intérieur”, “dedans”, “interne”
La graphie originelle de 內 (nèi) représentait une personne à l’intérieur d’une limite ou frontière. Dans le contexte du Yi Jing, ce caractère évoque non seulement l’espace physique intérieur, mais aussi les dispositions internes, l’intériorité psychologique et morale.
Cette notion d’intériorité est renforcée par sa position dans la structure de l’hexagramme. Le deuxième trait, situé au milieu du trigramme inférieur 坎 (kǎn, l’Eau), représente précisément une position interne, au cœur même du processus d’alliance. Dans la logique positionnelle du Yi Jing, le deuxième trait symbolise l’intériorité par excellence, zone médiane entre le commencement (premier trait) et l’extériorité (traits supérieurs).
L’expression 貞吉 (zhēn jí) qui conclut ce trait est une formule récurrente dans le Yi Jing :
- 貞 (zhēn) : “persévérance”, “fermeté”, “constance”, “présage”
- 吉 (jí) : “faste”, “favorable”, “bon augure”
CHOIX DE TRADUCTION
J’ai traduit 比之自內 (bǐ zhī zì nèi) par “S’associer depuis l’intérieur” plutôt que par des alternatives comme “S’allier à partir de l’intérieur” ou “L’alliance vient de l’intérieur”. Cette formulation préserve la concision de l’original tout en soulignant que l’alliance trouve sa source, son origine dans l’intériorité. La préposition “depuis” capture efficacement le sens directionnel du caractère 自 (zì), indiquant un mouvement qui part de l’intérieur vers l’extérieur.
Le terme 內 (nèi, “intérieur”) peut être interprété de plusieurs façons complémentaires :
- Au sens littéral : l’espace physique intérieur, suggérant une alliance formée au sein d’un groupe
- Au sens moral : les dispositions intérieures de sincérité qui fondent l’alliance
- La position centrale, stable et équilibrée du deuxième trait
- Au sens cosmologique : l’intériorité du trigramme inférieur qui nourrit le trigramme supérieur
Pour l’expression 貞吉 (zhēn jí), j’ai opté pour “La persévérance est faste” plutôt que “Présage favorable” ou “La constance apporte la fortune”. Cette traduction met l’accent sur l’attitude recommandée (la persévérance) et son résultat bénéfique. Le terme 貞 (zhēn) est particulièrement riche en connotations dans le Yi Jing, évoquant à la fois la constance morale, la fermeté dans l’action et la divination favorable.
Perspectives interprétatives
Dans la tradition confucéenne ce trait est interprété comme illustrant l’importance de la sincérité intérieure dans les relations humaines. La formule “s’associer depuis l’intérieur” évoque la vertu de 中 (zhōng, “centralité”) et de 誠 (chéng, “sincérité”), deux notions fondamentales dans l’éthique confucéenne. Cette interprétation met l’accent sur les dispositions morales qui doivent précéder et fonder toute alliance extérieure. La “persévérance” (貞, zhēn) est alors comprise comme la constance dans la cultivation de ces vertus intérieures.
L’interprétation taoïste met davantage l’accent sur la dimension naturelle et spontanée de cette intériorité. “S’associer depuis l’intérieur” évoque alors le mouvement naturel du dào, la Voie qui jaillit des profondeurs et se manifeste ensuite à l’extérieur. L’alliance authentique émerge naturellement de l’intérieur, sans intention calculée. La “persévérance” (貞, zhēn) est interprétée comme l’adhérence à cette spontanéité naturelle, sans forcer ni contraindre.
CONTEXTUALISATION HISTORIQUE ET RITUELLE
Sous la dynastie Zhou la notion d’alliance intérieure (比之自內, bǐ zhī zì nèi) trouvait une résonance concrète dans les pratiques politiques et rituelles.
Au niveau politique, elle évoquait les alliances formées au sein d’un même clan ou d’une même cour, par opposition aux alliances extérieures avec d’autres États. Ces alliances intérieures étaient considérées comme plus stables et fiables car fondées sur des liens préexistants de parenté ou de loyauté.
Sur le plan rituel, l’expression fait écho aux cérémonies d’alliance (盟, méng) qui comportaient une dimension d’intériorisation. Ces rituels impliquaient souvent un serment où les participants s’engageaient à maintenir une disposition intérieure de loyauté et de sincérité. Le terme 貞 (zhēn, “persévérance”) possédait une connotation rituelle forte, évoquant la constance dans le respect des engagements sacrés.
La formule “s’associer depuis l’intérieur” pourrait également faire référence à la structure concentrique de la cité chinoise ancienne, où le palais et le temple ancestral occupaient le centre, entourés par les résidences des nobles puis celles du peuple. Dans cette configuration spatiale, les alliances politiques et rituelles émanaient symboliquement du centre vers la périphérie, “depuis l’intérieur”.
Petite Image du Deuxième Trait
Structure du Deuxième Trait
- Ce trait possède la centralité en position inférieure.
- Il est en correspondance avec le cinquième trait, mais ne le sera plus après la transformation de leur bigramme ⚎ en ⚌.
– Il est au milieu du trigramme ☷ 坤 kūn correspondant à l’élément 地 dì “Terre” Sa transformation produit le trigramme ☵ 坎 kǎn qui correspond à l’élément 水 shuǐ “Eau”.
- Il est également à la base du trigramme ☷ 坤 kūn correspondant à l’élément 地 dì “Terre”. Sa transformation produit le trigramme ☳ 震 zhèn qui correspond à l’élément 雷 léi “Tonnerre”.
– Sa relation de voisinage avec le premier trait évolue de ⚏ à ⚎.
- Sa relation de voisinage avec le troisième trait évolue de ⚏ à ⚍.
- Ce trait est à la plus haute des deux positions associées à la Terre. Sa transformation fait évoluer ce bigramme de ⚏ à ⚎.
- Formules Mantiques : 貞吉 zhēn jí.
- Mots remarquables : 內 nèi. Dans la Petite Image : 內 nèi.
Interprétation
Pour cultiver l’harmonie et attirer la bonne fortune dans vos relations, il est essentiel de demeurer fidèle à vos convictions profondes et de prêter une oreille attentive à votre voix intérieure. L’engagement envers vous-même, enraciné dans l’intégrité et l’authenticité est la clé. Plutôt que de rechercher l’approbation des autres, recentrez-vous sur l’harmonie avec ce qui est essentiel pour vous, et maintenez constamment cette connexion avec vous-même. Cette démarche vous permettra de préserver votre individualité tout en établissant des relations authentiques et significatives. En demeurant aligné sur vos convictions personnelles, à l’écoute de ce guide intérieur, vous attirerez naturellement des relations enrichissantes et renforcerez vos liens avec autrui.
Expérience corporelle
L’expression “s’associer depuis l’intérieur” (比之自內, bǐ zhī zì nèi) évoque la sensation corporelle d’une impulsion qui surgit des profondeurs de l’être. Dans la tradition chinoise de la culture du corps, cette expérience est souvent associée au mouvement du 氣 (qì) qui émerge du 丹田 (dāntián), le centre vital situé sous le nombril. L’alliance véritable commence par cette disposition intérieure que l’on ressent comme une ouverture, une disponibilité incarnée.
L’intériorité (內, nèi) ne désigne pas simplement un espace mental abstrait, mais une expérience corporelle concrète. Dans les pratiques traditionnelles comme le 太極拳 (tàijíquán) ou le 氣功 (qìgōng), on cultive précisément cette capacité à initier les mouvements depuis l’intérieur, depuis le centre, plutôt que depuis les extrémités. Cette dimension corporelle éclaire la recommandation du Yi Jing : l’alliance authentique n’est pas une simple convention extérieure mais un mouvement qui part du centre de l’être.
La “persévérance” (貞, zhēn) évoque quant à elle l’expérience corporelle de la stabilité, de l’enracinement. Dans la culture corporelle chinoise, cette qualité se manifeste par la posture stable et centrée, où le corps trouve son équilibre naturel et peut ainsi maintenir durablement une disposition. Cette persévérance n’est pas une tension ou un effort volontariste, mais plutôt une présence attentive et constante.
Six en Trois
六 三Notes de traduction
ANALYSE LEXICALE ET SYMBOLIQUE
L’expression 比之匪人 (bǐ zhī fěi rén) qui commente ce troisième trait présente une densité sémantique remarquable malgré sa brièveté. Analysons ses composantes :
- 比 (bǐ) : “s’associer”, “s’allier”, “se rapprocher”
- 之 (zhī) : particule grammaticale qui peut marquer la possession ou la direction
- 匪 (fěi) : “bandit”, “malfaiteur”, “rebelle”, mais aussi “n’est pas”, “non”
- 人 (rén) : “personne”, “être humain”, “autrui”
Le caractère 匪 (fěi) mérite une attention particulière car il contient une ambiguïté significative dans les textes anciens. Il peut désigner :
- Des “bandits” ou “malfaiteurs” – ce qui orienterait vers la traduction “s’allier avec des bandits”
- Une négation comparable à 非 (fēi) – suggérant “s’allier avec ce qui n’est pas humain” ou “alliance non-humaine”
Cette double lecture est probablement intentionnelle dans le Yi Jing, permettant plusieurs niveaux d’interprétation.
CHOIX DE TRADUCTION
Ma traduction “Association contre-nature” est délibérément concise et interprétative. J’ai privilégié la capture de l’essence du message plutôt qu’une traduction littérale des termes. Plusieurs alternatives étaient envisageables :
- “S’associer avec des bandits” (plus littéral si on comprend 匪 comme “bandit”)
- “S’allier avec ce qui n’est pas humain” (si on interprète 匪 comme négation)
- “Alliance avec des personnes inappropriées”
- “S’associer à des êtres néfastes”
J’ai opté pour “Association contre-nature” car cette formulation capture l’idée fondamentale d’une alliance qui transgresse l’ordre naturel ou moral des choses, tout en préservant la concision du texte original.
Le terme “contre-nature” détermine une alliance qui perturberait l’harmonie cosmique et sociale.
Perspectives interprétatives
Ce trait est interprété, du point de vue confucianiste, comme un avertissement contre les alliances immorales ou inappropriées. L’expression 匪人 (fěi rén) est comprise comme désignant des personnes de mauvais caractère (小人, xiǎorén), par opposition à l’homme noble (君子, jūnzǐ). S’associer avec de telles personnes constitue une violation des principes rituels qui devraient gouverner les relations humaines. Cheng Yi insiste particulièrement sur la dimension morale de ce trait : s’allier avec des personnes dépourvues de vertu conduit inévitablement à la corruption de sa propre nature.
L’interprétation taoïste, développée par Wang Bi, met davantage l’accent sur la dimension naturelle ou spontanée de l’alliance. Le terme 匪人 est alors compris comme désignant une alliance qui va à l’encontre de la nature propre (性, xìng) des êtres, qui force ou contraint plutôt que de suivre le cours naturel du 道 (dào). Une telle alliance est artificielle, imposée de l’extérieur plutôt qu’émanant naturellement de l’intérieur.
CONTEXTUALISATION HISTORIQUE ET RITUELLE
Dans le contexte historique de la Chine ancienne l’expression 匪人 (fěi rén) avait une résonance politique et sociale concrète. Les 匪 désignaient littéralement les bandits, rebelles ou hors-la-loi qui opéraient en marge de la société civilisée. S’allier avec de tels éléments constituait une transgression grave de l’ordre social. Certains dirigeants, poussés par la nécessité ou l’ambition, pouvaient être tentés de s’allier avec des groupes marginaux (bandits, mercenaires) ou des puissances considérées comme “barbares”. Ces alliances “contre-nature” étaient généralement perçues comme des stratégies risquées, susceptibles de compromettre l’intégrité morale et politique de l’État.
Au niveau rituel, l’alliance était une institution sacrée, souvent scellée par des cérémonies impliquant des sacrifices et des serments solennels. Une alliance avec des 匪人 transgressait non seulement l’ordre social mais aussi l’ordre rituel, risquant d’attirer la désapprobation des ancêtres et des divinités.
Petite Image du Troisième Trait
Structure du Troisième Trait
- Ce trait ne possède pas la centralité, mais est à la base du centre cardinal de l’hexagramme, que sa transformation fait évoluer de ⚏ à ⚍.
- Il n’est pas en correspondance avec le sixième trait, mais le deviendra après la transformation de leur bigramme ⚏ en ⚍.
– Il est au milieu du trigramme ☷ 坤 kūn correspondant à l’élément 地 dì “Terre” Sa transformation produit le trigramme ☵ 坎 kǎn qui correspond à l’élément 水 shuǐ “Eau”.
- Il est également au sommet du trigramme ☷ 坤 kūn correspondant à l’élément 地 dì “Terre” Sa transformation produit le trigramme ☶ 艮 gèn qui correspond à l’élément 山 shān “Montagne”.
- Il est, pour finir, à la base du trigramme ☶ 艮 gèn correspondant à l’élément 山 shān “Montagne”. Sa transformation produit le trigramme ☲ 離 lí qui correspond à l’élément 火 huǒ “Feu”.
– Sa relation de voisinage avec le deuxième trait évolue de ⚏ à ⚎.
- Sa relation de voisinage avec le quatrième trait évolue de ⚏ à ⚍.
- Ce trait occupe à la plus basse des deux positions associées à l’Humain. Sa transformation fait évoluer ce bigramme de ⚏ à ⚍.
- Formules Mantiques : aucune.
Interprétation
Il est crucial de faire des choix prudents en ce qui concerne vos associations et partenariats. Priorisez des relations et des influences qui sont en harmonie avec vos valeurs et vos objectifs personnels. Évitez de vous impliquer avec des individus ou des situations qui pourraient avoir un impact négatif sur votre parcours. En restant fidèle à vos principes et en choisissant judicieusement votre entourage, vous vous protégerez des problèmes potentiels et maintiendrez votre cap vers la réalisation de vos objectifs.
Expérience corporelle
L’expression “比之匪人” (bǐ zhī fěi rén) évoque la sensation corporelle de dissonance ou de malaise ressentie dans une relation inappropriée. Dans la tradition chinoise de la culture du corps, cette expérience serait associée à une perturbation du flux du 氣 (qì), l’énergie vitale qui circule harmonieusement lorsque les relations sont appropriées et équilibrées.Cette perturbation peut se manifester par une sensation de contraction, de tension ou d’inconfort.
Le caractère 匪 (fěi) évoque aussi l’idée de marginalité, de ce qui se situe en dehors des frontières établies. Sur le plan de l’expérience corporelle, cela correspond à la sensation de franchir une limite, de sortir d’un espace relationnel sécurisé pour entrer dans un territoire incertain ou dangereux.
Six en Quatre
六 四S’associer vers l’extérieur.
La persévérance est faste.
Notes de traduction
ANALYSE LEXICALE ET SYMBOLIQUE
L’expression 外比之 (wài bǐ zhī) présente une construction qui fait directement écho au deuxième trait (比之自內, bǐ zhī zì nèi), mais avec une orientation inverse. Examinons ses composantes :
- 外 (wài) : “extérieur”, “dehors”, “externe”
- 比 (bǐ) : “s’associer”, “s’allier”, “se rapprocher”
- 之 (zhī) : particule grammaticale (marqueur d’objet ou de direction)
Le caractère 外 (wài) est particulièrement significatif dans son opposition au 內 (nèi, “intérieur”) du deuxième trait. Sa graphie originelle représentait une personne située à l’extérieur d’une frontière. Dans le système cosmologique chinois, l’opposition 內外 (nèi wài, “intérieur-extérieur”) constitue une polarité fondamentale qui structure de nombreux domaines : politique, rituel, médical, et philosophique.
La position du quatrième trait dans l’hexagramme renforce cette symbolique : il se situe en position inférieure dans le trigramme supérieur 坤 (kūn, la Terre), marquant ainsi une position d’extériorité relative. Cette position est significative car elle représente le passage vers un domaine plus large, un mouvement d’expansion au-delà du cercle initial.
L’expression 貞吉 (zhēn jí) qui conclut ce trait est identique à celle du deuxième trait :
- 貞 (zhēn) : “persévérance”, “fermeté”, “constance”, “présage”
- 吉 (jí) : “faste”, “favorable”, “bon augure”
Cette répétition crée un parallélisme significatif entre les deux traits, suggérant que la même qualité de persévérance est requise tant pour les alliances intérieures qu’extérieures.
CHOIX DE TRADUCTION
J’ai traduit 外比之 (wài bǐ zhī) par “S’associer vers l’extérieur”, une formulation qui préserve le parallélisme avec le deuxième trait tout en soulignant la direction opposée du mouvement. D’autres traductions possibles auraient été :
- “Alliance extérieure”
- “S’allier à l’extérieur”
- “Association avec l’extérieur”
J’ai préféré conserver la préposition “vers” pour souligner le mouvement dynamique d’expansion qui caractérise ce trait. Cette préposition capture l’idée d’un processus actif d’extension des alliances au-delà du cercle immédiat.
Le terme 外 (wài, “extérieur”) peut être interprété à plusieurs niveaux :
- Au sens littéral : formation d’alliances avec des personnes ou groupes extérieurs au cercle initial
- Au sens politique : établissement de relations diplomatiques avec d’autres entités politiques
- Au sens cosmologique : mouvement d’expansion du 氣 (qì) qui se déploie vers l’extérieur
- Au sens structurel : position relativement extérieure dans la configuration de l’hexagramme
Pour l’expression 貞吉 (zhēn jí), j’ai maintenu la même traduction que pour le deuxième trait : “La persévérance est faste”. Cela reflète la répétition délibérée dans le texte original et souligne que la même qualité de persévérance est nécessaire pour réussir les deux types d’alliances.
Perspectives interprétatives
Ce mouvement vers l’extérieur correspond à l’idéal confucéen d’harmonie sociale qui s’étend progressivement de la famille à l’État puis au monde entier. Ce trait est donc interprété comme illustrant l’extension appropriée des relations humaines au-delà du cercle familial immédiat.
Cheng Yi souligne que l’alliance extérieure doit être guidée par les mêmes principes de sincérité et de ritualité (禮, lǐ) que l’alliance intérieure. La “persévérance” (貞, zhēn) est comprise comme la constance dans l’application des principes moraux, qui doivent rester les mêmes qu’on traite avec des proches ou des étrangers.
L’interprétation taoïste, par Wang Bi, met l’accent sur le mouvement naturel d’expansion qui caractérise le dào. Après s’être établi à l’intérieur, le principe naturel se déploie spontanément vers l’extérieur, sans effort ni contrainte. Ce mouvement évoque le processus cosmique par lequel l’unité originelle se différencie pour former la multiplicité des phénomènes.
Dans cette perspective, la “persévérance” (貞, zhēn) est interprétée comme l’adhérence au mouvement naturel d’expansion, sans le forcer ni le contraindre. L’alliance extérieure réussit précisément lorsqu’elle suit ce rythme naturel d’ouverture graduelle.
CONTEXTUALISATION HISTORIQUE ET RITUELLE
Dans le contexte historique de la Chine ancienne l’expression 外比 (wài bǐ, “alliance extérieure”) avait une signification politique concrète. Elle désignait les alliances diplomatiques formées entre différents États, par opposition aux alliances intérieures formées au sein d’un même État.
Ces alliances extérieures étaient souvent scellées par des traités formels et des mariages politiques qui créaient des liens entre maisons royales. Elles jouaient un rôle crucial dans l’équilibre des pouvoirs entre les États, permettant aux plus faibles de résister aux plus forts par des coalitions stratégiques. La “persévérance” (貞, zhēn) recommandée dans ce trait pourrait faire référence à la constance nécessaire pour entretenir ces relations diplomatiques, souvent fragiles et changeantes.
Dans un contexte rituel, l’alliance extérieure impliquait des cérémonies spécifiques qui différaient des rituels d’alliance intérieure. Ces rituels incluaient généralement l’échange de cadeaux précieux, le partage d’un repas sacré et parfois même le mélange du sang des participants dans une coupe de vin. Ces pratiques rituelles visaient à transformer des étrangers en alliés, à créer un lien sacré transcendant les frontières naturelles.
La progression narrative, du premier au quatrième trait, illustre le développement idéal des relations humaines, du cercle intime vers des sphères plus larges, tout en maintenant la même qualité de persévérance et d’authenticité.
Petite Image du Quatrième Trait
Structure du Quatrième Trait
- Ce trait ne possède pas la centralité, mais constitue la partie supérieure du centre cardinal de l’hexagramme, que sa transformation fait évoluer de ⚏ à ⚎.
- Il n’est pas en correspondance avec le premier trait, mais le deviendra après la transformation de leur bigramme ⚏ en ⚎.
– Il est au milieu du trigramme ☶ 艮 gèn correspondant à l’élément 山 shān “Montagne” Sa transformation produit le trigramme ☴ 巽 xùn qui correspond à l’élément 風 fēng “Vent”.
- Il est également au sommet du trigramme ☷ 坤 kūn correspondant à l’élément 地 dì “Terre” Sa transformation produit le trigramme ☶ 艮 gèn qui correspond à l’élément 山 shān “Montagne”.
- Il est, pour finir, à la base du trigramme ☵ 坎 kǎn correspondant à l’élément 水 shuǐ “Eau”. Sa transformation produit le trigramme ☱ 兌 duì qui correspond à l’élément 澤 duó “Brume”.
– Sa relation de voisinage avec le troisième trait évolue de ⚏ à ⚎.
- Sa relation de voisinage avec le cinquième trait évolue de ⚎ à ⚌.
- Ce trait est à la plus haute des deux positions associées à l’Humain. Sa transformation fait évoluer ce bigramme de ⚏ à ⚎.
- Formules Mantiques : 貞吉 zhēn jí.
- Mots remarquables dans la Petite Image : 上 shàng, 外 wài, 外 wài.
Interprétation
Pour progresser et réussir, il est essentiel de s’associer à des personnes dignes de confiance, intègres et éclairées, qui possèdent plus d’expérience que vous. Valorisez et soutenez ceux qui représentent des principes élevés et des idéaux nobles à vos yeux. Apprenez de leur expérience et suivez leur exemple pour aligner vos actions sur des principes plus élevés. La persévérance dans cette approche vous aidera à avancer sur votre chemin et à atteindre vos objectifs.
Expérience corporelle
L’expression “s’associer vers l’extérieur” (外比之, wài bǐ zhī) évoque la sensation corporelle d’ouverture et d’expansion. Dans la tradition chinoise de culture du corps cette expérience correspond au mouvement du 氣 (qì) qui, après s’être rassemblé au centre (丹田, dāntián), se déploie vers la périphérie et au-delà des limites du corps.
Dans les pratiques comme le 太極拳 (tàijíquán), on cultive précisément cette capacité à étendre harmonieusement son influence vers l’extérieur, à “projeter l’énergie” (發勁, fā jìn) tout en maintenant l’enracinement intérieur. Cette double qualité d’extension et d’enracinement correspond parfaitement à la recommandation du Yi Jing : s’ouvrir vers l’extérieur tout en maintenant la persévérance (貞, zhēn).
L’expérience corporelle de cette alliance extérieure peut aussi se comprendre comme l’établissement d’une résonance avec des éléments initialement perçus comme étrangers ou distants. Cette résonance n’efface pas les distinctions, mais crée une harmonisation des rythmes et des mouvements, comme dans la pratique du 推手 (tuī shǒu, “poussée des mains”) où deux partenaires établissent une communication corporelle subtile.
Neuf en Cinq
九 五bon augure
Association manifeste.
Le roi rabat sur trois côtés,
Il laisse s’échapper le gibier vers l’avant.
Les gens du domaine ne sont pas réprimandés.
Faste.
Notes de traduction
ANALYSE LEXICALE ET SYMBOLIQUE
Le cinquième trait introduit une séquence d’images complexes centrées autour de l’expression 顯比 (xiǎn bǐ). Analysons ses composantes :
- 顯 (xiǎn) : “manifester”, “rendre visible”, “révéler”, “éclatant”, “illustre”
- 比 (bǐ) : “s’associer”, “s’allier”, “se rapprocher”
La graphie du caractère 顯 (xiǎn) combine les éléments du “soleil” et de “voir”, suggérant quelque chose exposé à la lumière, rendu visible. Cette visibilité contraste avec les formes d’alliance plus discrètes ou intérieures évoquées dans les traits précédents.
La séquence 王用三驅 (wáng yòng sān qū) introduit une métaphore relative à la chasse :
- 王 (wáng) : “roi”, “souverain”
- 用 (yòng) : “utiliser”, “employer”
- 三 (sān) : “trois”
- 驅 (qū) : “pousser”, “rabattre”, “chasser”, “conduire”
Le terme 驅 (qū) a une connotation spécifiquement liée aux techniques de chasse, où des rabatteurs poussent le gibier dans une direction déterminée.
L’expression 失前禽 (shī qián qín) poursuit cette métaphore :
- 失 (shī) : “perdre”, “laisser échapper”
- 前 (qián) : “devant”, “avant”
- 禽 (qín) : “gibier”, “proie”, “capturer”
La formule 邑人不誡 (yì rén bù jiè) introduit une dimension sociale et politique :
- 邑 (yì) : “cité”, “domaine”, “fief”
- 人 (rén) : “personne”, “gens”, “habitants”
- 不 (bù) : négation
- 誡 (jiè) : “avertir”, “réprimander”, “mettre en garde”
CHOIX DE TRADUCTION
J’ai traduit 顯比 (xiǎn bǐ) par “Association manifeste” plutôt que par “Alliance visible” ou “Association éclatante”. Cette formulation souligne le caractère public, officiel et reconnu de cette alliance, par opposition aux formes plus discrètes évoquées précédemment.
Pour la séquence 王用三驅 (wáng yòng sān qū), j’ai opté pour “Le roi rabat sur trois côtés” plutôt que pour des traductions plus littérales comme “Le roi utilise trois rabatteurs”. Cette formulation préserve l’image de la chasse tout en clarifiant sa signification spatiale : le gibier est encerclé sur trois côtés, laissant délibérément un côté ouvert.
L’expression 失前禽 (shī qián qín) est rendue par “Il laisse s’échapper le gibier vers l’avant”. Le verbe “laisser s’échapper” suggère que cette action est délibérée plutôt qu’accidentelle, ce qui correspond à l’interprétation traditionnelle de ce passage. La direction “vers l’avant” (前, qián) est significative car elle indique une ouverture intentionnelle.
La formule 邑人不誡 (yì rén bù jiè) est traduite par “Les gens du domaine ne sont pas réprimandés”. J’ai choisi “domaine” pour 邑 (yì) car ce terme évoque bien l’unité territoriale administrative de la Chine ancienne. Le verbe 誡 (jiè) peut signifier “avertir”, “réprimander” ou “punir” – j’ai opté pour “réprimander” qui suggère une critique formelle sans impliquer nécessairement une punition sévère.
Perspectives interprétatives
Ce trait est interprété par les confucéens comme illustrant la vertu du souverain éclairé qui sait établir des alliances harmonieuses sans recourir à la coercition excessive. La métaphore de la chasse est comprise comme une illustration de la gouvernance bienveillante : le souverain encadre son peuple sans le contraindre totalement, lui laissant une voie de liberté.
Kong Yingda souligne que cette “association manifeste” représente l’alliance idéale entre le souverain et ses ministres, fondée sur la transparence et l’équité. Le roi qui “rabat sur trois côtés” symbolise un dirigeant qui guide sans imposer, qui établit un cadre tout en permettant une certaine liberté. Cette interprétation s’accorde avec l’idéal confucéen de gouvernance par la vertu plutôt que par la coercition.
L’interprétation taoïste, développée dans la lignée de Wang Bi, met davantage l’accent sur la dimension naturelle et spontanée de cette alliance. Le souverain qui “laisse s’échapper le gibier vers l’avant” illustre le principe du non-agir (wú wéi) : l’art de gouverner consiste précisément à ne pas tout contrôler, à créer un espace de liberté où les choses peuvent suivre leur cours naturel.
Dans cette perspective, l’expression “les gens du domaine ne sont pas réprimandés” évoque l’idée taoïste selon laquelle la meilleure gouvernance est celle dont le peuple ne ressent pas la présence contraignante. Comme l’exprime le Dàodéjīng : “Le meilleur souverain est celui dont le peuple sait à peine qu’il existe”.
CONTEXTUALISATION HISTORIQUE ET RITUELLE
La scène décrite dans ce cinquième trait évoque directement les chasses rituelles royales (田獵, tián liè) qui jouaient un rôle crucial dans la culture politique Zhou. Ces chasses n’étaient pas de simples divertissements mais des rituels politiques et religieux complexes qui servaient plusieurs fonctions :
- Fonction militaire : Entraînement des troupes et démonstration de la puissance royale
- Fonction rituelle : Communication avec les esprits et ancêtres
- Fonction politique : Occasion de distribuer du gibier aux vassaux, renforçant ainsi les alliances
- Fonction symbolique : Mise en scène de l’ordre cosmique et social
La technique de chasse décrite – encercler le gibier sur trois côtés tout en laissant une ouverture – avait une dimension éthique : elle démontrait la magnanimité du souverain qui permet même à sa proie d’avoir une chance de s’échapper. Elle s’opposait aux techniques de chasse plus impitoyables comme l’encerclement complet ou la battue générale.
L’expression “les gens du domaine ne sont pas réprimandés” (邑人不誡, yì rén bù jiè) fait référence à l’organisation administrative de la Chine Zhou. Les 邑 (yì, domaines ou fiefs) étaient des unités territoriales sous l’autorité de seigneurs locaux. Dans le contexte d’une chasse royale, cette formule suggère que les habitants locaux ne sont pas réprimandés pour avoir laissé échapper du gibier, ce qui contraste avec les pratiques plus sévères où la population pouvait être punie pour ne pas avoir contribué efficacement à la chasse.
Petite Image du Cinquième Trait
manifester • s’allier • son • bon augure
position • correct • au centre • aussi
renoncer • aller à la rencontre • prendre • se conformer
perdre • devant • gibier • aussi
fief • homme • pas • être prévenu
au-dessus • de façon çà ce que • au centre • aussi
Manifester son alliance est propice, parce qu’elle est correcte et centrale. Abandonner ceux qui résistent et choisir ceux qui se conforment, c’est guider la fuite de ce qu’il poursuit vers l’avant. Les gens de son domaine ne s’en préoccupent pas, car le supérieur les considère comme centraux.
Structure du Cinquième Trait
- Ce trait possède la centralité en position supérieure.
- Il est en correspondance avec le deuxième trait, mais ne le sera plus après la transformation de leur bigramme ⚎ en ⚏.
– Il est au milieu du trigramme ☵ 坎 kǎn correspondant à l’élément 水 shuǐ “Eau” Sa transformation produit le trigramme ☷ 坤 kūn qui correspond à l’élément 地 dì “Terre”.
- Il est également au sommet du trigramme ☶ 艮 gèn correspondant à l’élément 山 shān “Montagne”. Sa transformation produit le trigramme ☷ 坤 kūn qui correspond à l’élément 地 dì “Terre”.
– Sa relation de voisinage avec le quatrième trait évolue de ⚎ à ⚏.
- Sa relation de voisinage avec le sixième trait évolue de ⚍ à ⚏.
- Ce trait occupe à la plus basse des deux positions associées au Ciel. Sa transformation fait évoluer ce bigramme de ⚍ à ⚏.
- Il est maître de l’hexagramme.
- Formules Mantiques : 吉 jí.
- Mots remarquables dans la Petite Image : 中 zhōng, 中 zhōng, 上 shàng, 正 zhèng, 順 shùn, 位 wèi.
Interprétation
Optez pour une approche basée sur la confiance mutuelle et la bienveillance réciproque pour tisser des relations harmonieuses. Les liens les plus solides s’enracinent dans le respect des choix individuels et la valorisation des valeurs communes. Il est donc essentiel de vous unir spontanément avec ceux qui partagent vos valeurs, tout en évitant d’imposer vos idées. Cette réciprocité du respect est le chemin vers le succès et des relations fiables. En renonçant délibérément à ce qui ne correspond pas à vos objectifs et vos valeurs, vous créez un espace propice à des liens authentiques, favorisant un enrichissement mutuel.
Expérience corporelle
L’expression “association manifeste” (顯比, xiǎn bǐ) évoque la sensation d’une relation qui s’expose au grand jour, qui s’affirme publiquement. Dans la culture corporelle chinoise, cette manifestation pourrait se comparer à la phase d’expressiondans les arts martiaux, moment où l’énergie accumulée intérieurement devient visible et effective dans le monde extérieur.
La métaphore de la chasse avec rabatteurs (王用三驅, wáng yòng sān qū) trouve un écho dans l’expérience corporelle du guidage non-coercitif. Dans les pratiques comme le 推手 (tuī shǒu, “poussée des mains”), on apprend précisément à guider le mouvement du partenaire en lui laissant une direction ouverte, créant ainsi une “voie de sortie” qui évite l’affrontement direct. Cette technique subtile, qui consiste à orienter sans bloquer complètement, illustre parfaitement la sagesse contenue dans l’image du “roi qui rabat sur trois côtés”.
L’idée de “laisser s’échapper le gibier vers l’avant” (失前禽, shī qián qín) évoque l’expérience de relâchement, de lâcher-prise délibéré. Dans la culture corporelle chinoise, cette qualité est associée à la capacité de relâchement qui permet au 氣 (qì) de circuler librement. Ce n’est pas une négligence mais une forme supérieure de maîtrise qui sait quand ne pas retenir, quand permettre le mouvement naturel.
Six Au-Dessus
上 六Notes de traduction
ANALYSE LEXICALE ET SYMBOLIQUE
Le sixième et dernier trait de l’hexagramme 8, 比 (bǐ), présente une formule lapidaire mais lourde de sens. Analysons ses composantes :
- 比 (bǐ) : “s’associer”, “s’allier”, “se rapprocher”
- 之 (zhī) : particule grammaticale de liaison
- 无 (wú) : négation, “sans”, “absence de”
- 首 (shǒu) : “tête”, “chef”, “leader”, “principe directeur”
Le caractère 首 (shǒu, “tête”) est particulièrement significatif. Sa graphie originelle représente une tête avec des cheveux visibles. Dans le contexte des alliances, cette “tête” peut désigner :
- Un chef, un leader légitime
- Un principe directeur, une orientation
- Une autorité structurante
- Un commencement ou origine légitime
La position du sixième trait, tout en haut du trigramme supérieur 坤 (kūn, la Terre), suggère une alliance qui a perdu son ancrage, son centre de gravité.
La conclusion 凶 (xiōng, “néfaste”) est sans ambiguïté – c’est l’un des jugements les plus sévères dans le Yi Jing, indiquant une situation clairement défavorable. Le caractère 凶 évoque étymologiquement une fosse, une ouverture dangereuse, un abîme.
CHOIX DE TRADUCTION
J’ai traduit 比之无首 (bǐ zhī wú shǒu) par “S’associer sans tête” plutôt que par “Alliance sans chef” ou “Association sans dirigeant”. Cette traduction littérale préserve l’image corporelle de la “tête” qui peut être interprétée à plusieurs niveaux complémentaires.
Le terme 无首 (wú shǒu, “sans tête”) évoque l’acéphalie, l’absence d’un principe organisateur central. Dans la tradition politique chinoise, cette expression désignait spécifiquement des groupes dépourvus de leadership légitime, des assemblements anarchiques voués à l’échec.
Pour 凶 (xiōng), j’ai opté pour “Néfaste”, terme qui capture la connotation de fermeture, de blocage et de malheur associée à ce caractère dans le Yi Jing. Ce jugement sans appel contraste fortement avec les appréciations plus nuancées des traits précédents.
Perspectives interprétatives
Ce trait est interprété par les confucéens comme un avertissement sévère contre les associations dépourvues de hiérarchie claire et de direction morale. L’absence de “tête” représente un manque d’ordre rituel et d’autorité légitime, conduisant inévitablement au chaos social.
Kong Yingda (574–648) souligne que ce trait représente une transgression fondamentale de l’ordre social confucéen. Sans principe hiérarchique clairement établi, l’alliance devient une source de désordre plutôt qu’un facteur d’harmonie sociale.
L’interprétation taoïste, développée par Wang Bi, met l’accent sur la dimension naturelle de la hiérarchie. Même dans le 道 (dào), qui valorise la spontanéité et la non-intervention, il existe un principe d’ordre naturel. Une alliance “sans tête” transgresse cet ordre naturel, créant une situation artificielle et instable.
Wang Bi interprète le caractère néfaste de ce trait comme résultant non d’un manque d’autorité formelle, mais d’un manque de cohérence interne et de principe unificateur. Dans la pensée taoïste, même la non-action (無為, wú wéi) possède une direction, un principe qui l’oriente – ce principe est précisément ce qui manque dans l’alliance “sans tête”.
CONTEXTUALISATION HISTORIQUE ET RITUELLE
Le stratège Sunzi mettait en garde contre les armées “sans tête”, c’est-à-dire privées de commandement unifié et de stratégie cohérente. Dans L’Art de la Guerre, il souligne l’importance cruciale du général comme “tête” qui donne direction et cohésion à l’ensemble des forces militaires.
Les alliances entre États dépourvues de cette hiérarchie claire se révélaient généralement éphémères et inefficaces face aux coalitions mieux structurées.
Sur le plan rituel, l’alliance dans la Chine ancienne suivait des protocoles précis qui établissaient clairement la hiérarchie entre les participants. Les cérémonies d’alliance incluaient des éléments qui symbolisaient explicitement cette structure hiérarchique : placement des participants selon leur rang, ordre des libations, formulation des serments. Une alliance “sans tête” transgresse ces principes rituels fondamentaux, créant une situation anomique au sens étymologique – privée de la structure normative nécessaire.
Petite Image du Trait du Haut
Structure du Trait du Haut
- Ce trait ne possède pas la centralité, mais est au sommet de l’enveloppe de l’hexagramme, que sa transformation fait évoluer de ⚏ à ⚎.
- Il n’est pas en correspondance avec le troisième trait, mais le deviendra après la transformation de leur bigramme ⚏ en ⚎.
– Il est au sommet du trigramme ☵ 坎 kǎn correspondant à l’élément 水 shuǐ “Eau”. Sa transformation produit le trigramme ☴ 巽 xùn qui correspond à l’élément 風 fēng “Vent”.
– Sa relation de voisinage avec le cinquième trait évolue de ⚍ à ⚌.
- Ce trait est à la plus haute des deux positions associées au Ciel. Sa transformation fait évoluer ce bigramme de ⚍ à ⚌.
- Formules Mantiques : 凶 xiōng.
Interprétation
Avant de s’engager dans la quête de l’union et de l’attachement, il est crucial de se préparer adéquatement et d’établir une fondation solide. Se précipiter vers ces objectifs sans avoir franchi les étapes essentielles conduit souvent à des déceptions, signalant que l’opportunité d’atteindre l’objectif désiré a été manquée. L’absence de direction claire et de leadership dans de telles entreprises se traduit souvent par une incapacité à obtenir des résultats positifs. Cette approche, peu propice au succès, mène généralement à une impasse. Ainsi, pour toute tentative d’union, une préparation minutieuse et l’établissement d’une base solide sont indispensables pour éviter des issues défavorables.
Expérience corporelle
L’expression “s’associer sans tête” évoque la sensation corporelle de désorientation, de perte de repères. Dans la tradition chinoise de la culture du corps, la tête (首, shǒu) est considérée comme le siège de l’esprit directeur (神, shén), qui coordonne et harmonise l’ensemble des mouvements corporels.
L’idée d’être “sans tête” peut aussi évoquer l’expérience de l’étourdissement, de la perte d’équilibre – états où la perception de l’orientation spatiale est perturbée. Cette sensation corporelle traduit parfaitement le déséquilibre social et relationnel d’une alliance qui manque de direction claire.
Grande Image
大 象s’allier
Sur la terre il y a l’eau.
S’associer.
Ainsi les rois anciens établirent un grand nombre d’États.
Ils traitèrent avec affection les princes feudataires.
Notes de traduction
ANALYSE LEXICALE ET SYMBOLIQUE
L’image naturelle évoquée – l’eau qui repose sur la terre ou qui est contenue par elle – sert de fondement à l’analogie politique qui suit.
La séquence 先王以建萬國親諸侯 (xiān wáng yǐ jiàn wàn guó qīn zhū hóu) développe l’application politique de cette image naturelle :
- 先王 (xiān wáng) : “rois anciens”, référence aux souverains modèles, particulièrement les fondateurs de la dynastie Zhou
- 以 (yǐ) : “ainsi”, “par ce moyen”, connecteur logique typique des Grandes Images
- 建 (jiàn) : “établir”, “fonder”, “instituer”, verbe qui évoque la création d’institutions durables
- 萬國 (wàn guó) : littéralement “dix mille États”, expression désignant une multiplicité d’entités politiques
- 親 (qīn) : “traiter avec affection”, “être proche de”, terme riche en connotations affectives et relationnelles
- 諸侯 (zhū hóu) : “princes feudataires”, les seigneurs qui gouvernaient des territoires sous l’autorité nominale du roi Zhou
CHOIX DE TRADUCTION
Pour 地上有水 (dì shàng yǒu shuǐ), j’ai opté pour “Sur la terre il y a l’eau”, une traduction directe qui préserve l’image simple et concrète de l’original. D’autres options auraient pu être “L’eau est sur la terre” ou “La terre porte l’eau”, mais la formulation choisie respecte l’ordre des termes chinois.
Pour 先王 (xiān wáng), j’ai choisi “rois anciens” pour évoquer les souverains mythiques et historiques (comme Yao, Shun, Yu, ou les fondateurs de la dynastie Zhou) qui servent de référence morale et politique dans la pensée confucéenne.
Pour 以建萬國 (yǐ jiàn wàn guó), ma traduction “établirent un grand nombre d’États” rend l’idée de multiplicité sans traduire littéralement “dix mille” qui serait maladroit en français. Le verbe “établir” capture bien la connotation de fondation institutionnelle du terme 建 (jiàn).
Pour 親諸侯 (qīn zhū hóu), j’ai choisi “Ils traitèrent avec affection les princes feudataires” afin de rendre la dimension affective et relationnelle du terme 親 (qīn).
Perspectives interprétatives
Cette Grande Image illustre l’idéal de gouvernance par la vertu plutôt que par la coercition. Les “rois anciens” sont présentés comme des modèles de souveraineté bienveillante qui établissent un ordre politique harmonieux en traitant leurs vassaux avec respect et affection.
Dans la tradition taoïste, Wang Bi met l’accent sur la dimension naturelle et spontanée de cette relation. L’image de l’eau sur la terre évoque la manière dont les éléments naturels s’harmonisent sans effort, chacun suivant sa propre nature. Le souverain idéal, comme l’eau, s’adapte naturellement aux contours de son royaume, soutenant ses vassaux sans les contraindre.
CONTEXTUALISATION HISTORIQUE ET RITUELLE
Selon les récits traditionnels, les fondateurs de la dynastie Zhou, particulièrement le roi Wen et le duc de Zhou, établirent un système politique novateur fondé sur la distribution de fiefs à des parents et alliés loyaux, créant ainsi un réseau d’États vassaux unis par des liens de parenté et d’allégeance au trône Zhou.
Ce système, souvent décrit comme féodal, visait précisément à résoudre le problème de gouvernance d’un vaste territoire : plutôt que d’imposer une administration centralisée rigide, les Zhou optèrent pour une structure plus souple où des vassaux relativement autonomes gouvernaient leurs territoires sous l’autorité morale et rituelle du roi.
Les “rois anciens” (先王, xiān wáng) mentionnés dans la Grande Image font probablement référence à ces fondateurs de la dynastie Zhou, présentés dans les textes confucéens comme des modèles de vertu politique. Leur innovation était précisément d’avoir “établi un grand nombre d’États” tout en maintenant une cohésion politique grâce à des relations personnelles positives avec leurs feudataires.
L’expression “traiter avec affection les princes feudataires” (親諸侯, qīn zhū hóu) évoque les pratiques concrètes par lesquelles les rois Zhou entretenaient ces liens : visites diplomatiques, échanges de cadeaux, mariages politiques, cérémonies rituelles communes, et surtout participation au culte ancestral de la maison royale. Ces pratiques créaient un sentiment d’appartenance commune à une même “famille” politique, transcendant les intérêts particuliers des différents États.
Structure de la Grande Image
Le personnage emblématique de l’Hexagramme 8 est : 先王 xiān wáng, les anciens rois (cette appellation est mentionnée aux hexagrammes 08, 16, 20, 21, 24, 25 et 59).
Interprétation
Telle l’eau qui se répand sur terre et la nourrit, une coopération fertile engendre une croissance abondante. La diversité et la réciprocité des interactions tisse un réseau d’union étroite, riche et robuste. Au cœur de cette synergie, la générosité joue un rôle essentiel : elle assure une reconnaissance profonde et la loyauté indéfectible des partenaires.
Expérience corporelle
Sur le plan de l’expérience vécue, l’image de “l’eau sur la terre” évoque une sensation de fluidité et d’adaptation mutuelle. Dans la culture corporelle chinoise, cette relation entre l’eau et la terre pourrait être comparée à l’interaction entre le 氣 (qì, énergie vitale) et le corps physique : le 氣 circule et s’adapte aux “contours” du corps, tout en étant contenu et guidé par celui-ci.
Dans les pratiques comme le 太極拳 (tàijíquán), on cultive précisément cette qualité d’adaptation fluide, où le corps apprend à “contenir” et diriger l’énergie sans la bloquer ni la forcer. Cette expérience corporelle éclaire la métaphore politique : le souverain idéal guide ses vassaux sans les contraindre, crée un cadre qui permet leur épanouissement tout en maintenant une cohérence d’ensemble.
L’expression “traiter avec affection” (親, qīn) évoque également une expérience corporelle spécifique : celle de la proximité physique, de la chaleur relationnelle qui caractérise les liens familiaux. Ce terme suggère que la relation politique idéale n’est pas abstraite ou purement formelle, mais incarnée et empreinte d’une qualité affective concrète.
Neuvième Aile
Ordre des Hexagrammes (序卦傳 Xù Guà Zhuàn)
La foule est incontestablement une situation de rassemblement.
C’est pourquoi vient ensuite “S’allier”.
“S’allier” veut dire s’associer.